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Parlons Politique !

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La Minute Historique : Une courte histoire de l'Etat d'Israël et des colonies israéliennes.

La Minute Historique : Une courte histoire de l'Etat d'Israël et des colonies israéliennes.

Les élections législatives qui ont eu lieu en Israël le 17 septembre 2019 de manière anticipée
suite à l’échec de la formation d’un gouvernement de coalition cinq mois plus tôt ont vu le
candidat du parti Bleu et blanc Benny Gantz arriver en tête du scrutin avec 25,93% suivi de
près du Likoud du Premier ministre sortant : Benjamin Netanyahou. Ce dernier, Premier ministre depuis 2009, s’est distingué durant cette campagne avec une proposition polémique aux yeux de beaucoup :  l’annexion d’une partie de la Cisjordanie, plus précisément sur la vallée du Jourdain, et la partie nord de la Mer Morte.

Benjamin Netanyahou, Premier ministre d'Israel de 1996 à 1999 puis depuis 2009.


Aujourd’hui dans la Minute Historique, on avait envie de vous présenter l’histoire de l’Etat hébreu depuis sa création en 1948 et la provenance des colonies israéliennes. 

Pour comprendre la création de l’Etat d’Israël, il faut se pencher sur la question du sionisme. Il faut remonter à la fin du XIXème siècle pour croiser l’idée de la création d’un État hébreu, lors du premier Congrès sioniste de Bâle en 1897. Theodor Herzl est le précurseur de cette volonté de création d’un État propre à accueillir le peuple juif. Le sionisme consiste à donner à l’identité juive une définition nationale. C’est également un mouvement politique et religieux visant à l’établissement puis à la consolidation d’un État juif en Palestine.

Cette notion de sionisme apparaît dans un contexte difficile pour les populations juives
d’Europe. À la fin du XIXème Siècle, l’émergence d’une « question juive » est liée à la prolifération des nationalismes et la montée de l’antisémitisme, que cela soit en France avec l’Affaire Dreyfus (1894-1906) ou en Russie avec les Pogroms qui commencent dès 1881.

En 1947, l’Organisation des Nations Unies crée l’UNSCOP (United Nations Special Committee
On Palestine), 
une commission composée de onze pays dont aucune des grandes puissances
d’après-guerre, dans le but d’étudier les problèmes liés à la création d’un État juif et d’un État arabe en Palestine tout en y trouvant une solution adéquate. Les concertations de l’UNSCOP entraineront le Plan de partage de la Palestine.

 

Ce plan est accueilli de manière positive chez les représentants juifs tel que l’Agence juive, un organe politique représentant les Juifs de Palestine, qui avait milité pour ce plan de partage. Cependant chez une majeure partie des Arabes palestiniens et des États arabes, c’est l’opposition au plan de partage de la Palestine qui est majoritaire. Or, le 29 novembre 1947, est approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU le Plan de partage de la Palestine, par le biais du vote de la résolution 181 bien que les Arabes palestiniens ainsi que les États arabes soient contre. Ainsi, le 14 mai 1948, dernier jour du mandat Britannique en Palestine, David Ben Gourion, président de l’Agence Juive, proclame l’indépendance de l’Etat d’Israël, devenant ainsi le premier Premier Ministre du nouveau pays. Suivant cette déclaration, les pays arabes soutenus par la Ligue arabe déclarent immédiatement la guerre à l’Etat hébreu.

Depuis 1948, les conflits entre l’État d’Israël et les pays arabes voisins sont nombreux. Tout
d’abord, la guerre israélo-arable de 1948 à 1949 permet a l’État hébreu d’agrandir son territoire : en effet, le plan de partage de 1946 prévoyait un État juif d’une superficie égale à 55% du territoire mandataire de la Palestine réservant les 45% de superficie restant au futur État palestinien. Suite au conflit de 1948-1949, les accords signés entre Israël et les différents belligérants permettent à l’Etat Juif de dominer 78% de la superficie de l’ancien mandat de Palestine.

En 1967 a eu lieu la Guerre des Six Jours, un conflit encore influent sur la géopolitique actuelle,
qui permettra à Israël de tripler son emprise territoriale. Ce conflit oppose Israël à l ́Egypte, la
Syrie, la Jordanie et le Liban. Suite au blocus du détroit de Tiran imposé aux navires israéliens
par l’Egypte, l’Etat hébreu (qui considérait cet acte comme causus belli) déclencha une attaque
préventive contre ses voisins arabes et écrasa en six jours les troupes égyptiennes syriennes et
jordaniennes. Cette victoire militaire israélienne permit le contrôle du plateau du Golan au Nord,
la bande de Gaza et le désert du Sinaï au Sud, sans oublier la Cisjordanie à l’Est.

Aujourd’hui, Israël contrôle environ 80% du territoire de la superficie mandataire de la
Palestine, grâce aux conflits contre ses voisins arabes, cela sans compter l’annexion du
plateau du Golan (1981), le désert du Sinaï ayant lui été rendu à l’Egypte. La situation politique
reste tendu entre Israël et les populations palestiniennes, les tensions y sont majeures, et
fréquentes, de plus l’Etat hébreu dispose de nombreuses colonies au sein de la Cisjordanie.

La proposition de Benyamin Netanyahou d’annexer des pans de la vallée du Jourdain, ainsi
que d’une partie bordant la Mer Morte a-t-elle été sérieusement envisagée ou bien est-ce là un
argument électoral ?

Ce qui reste néanmoins important de noter est qu’une telle manœuvre ne ferait que
renforcer les tensions régionales entre l’Etat d’Israël, les Arabes palestiniens et les États
arabes dans leur ensemble, provoquant ainsi de nouveaux déséquilibres.