Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Parlons Politique !

Parlons Politique !

Menu
La Minute Historique #6 : La situation pré-électorale au Cambodge

La Minute Historique #6 : La situation pré-électorale au Cambodge

 

Une situation pour le moins tendue.

 

Dans un peu moins d'un mois, le 29 juillet 2018, auront lieu au Cambodge des élections visant à renouveler les 123 sièges de l’Assemblée Nationale. Or, depuis 33 ans, le pays n’a connu quasiment qu’un seul premier Ministre : Hun Sen. Le Cambodge est depuis le 24 Septembre 1993 une Monarchie Constitutionnelle élective, c’est-à-dire que le Roi règne sur le pays mais n’y exerce aucun pouvoir.  De fait, le Premier Ministre est le détenteur du pouvoir exécutif.

 

L'Assemblée Nationale cambodge

Aujourd’hui, le Cambodge est un régime autoritaire. Le parti au pouvoir : Le Parti du Peuple Cambodgien (PPC), anciennement communiste, est implanté dans tout le pays, ayant une antenne partisane dans chaque village ou hameau. Le pluralisme politique y est peu visible. Cela s’est confirmé avec la suppression fin 2017 du principal parti d’opposition : le Parti du Sauvetage National du Cambodge (PSNC). Sam Rainsy, co-dirigeant du PSNC et ancien chef de l’opposition, actuellement en exil en France, est interdit de retour au pays sous peine d’une lourde condamnation à la prison. Il voit aussi sa liberté menacée dans certaines déclarations du Premier Ministre Hun Sen. 

 

 

 

Kem Sokha, également co-diregeant du PSNC et  chef de l’opposition parlementaire, a été arrêté et inculpé pour trahison et espionnage en septembre 2017. 

 

 

Du point de vue de la liberté d’expression, la situation est critique. Le régime de Hun Sen mène une

véritable guerre face à la presse libre. Selon le classement de Reporters Sans Frontières, le Cambodge se place à la 142ème place sur 180. Cette pression gouvernementale s’est vu accrue durant l’année pré-électorale.

En effet, en septembre 2017, le Cambodia Daily a été interdit de publier sa version papier à cause du non paiement d’une taxe élevée. Son concurrent, le Phnom Penh Post,  a quant a lui été racheté par une entreprise proche du gouvernement de Hun Sen. Le gouvernement installe un climat d'intimidation envers la presse et les médias, avec également la fermeture d'une trentaine de stations de radios et l'inculpations de nombreux journalistes.

 

Nous avons jugé qu'il était actuellement nécessaire de mettre en lumière brièvement la situation au 

Cambodge. Entre la suppression du principal parti d’opposition, les nombreuses arrestations ainsi que la forte pression sur les médias locaux, on peut constater qu'un boulevard s'ouvre pour le premier Ministre Hun Sen, qui pourrait sans surprise être à nouveau réélu, et briguer ainsi un nouveau mandat après avoir dirigé le pays, quasiment sans partage depuis 1985. 

 

 

 

 

 

La Minute Historique reviendra dans les jours qui suivront les résultats de ce scrutin pour expliquer quels auront été les antécédents et les raisons de cette élection à l'issue aujourd'hui quasi certaine.