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Parlons Politique !

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La Russie et le défi écologique.

La Russie et le défi écologique.

Alors que l’écologie s’est invitée de manière permanente depuis quelques temps dans le débat politique en Europe pour les élections européennes, qu’en est-il en Russie ?

La Russie est le plus vaste pays du monde avec ses 17.125.191 km² de superficie. Membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU depuis 1945, on considère la Russie comme un poids lourd de la géopolitique mondiale, notamment pour sa force de frappe nucléaire.
Cependant si la Russie fait parler d’elle sur le plan politique et géopolitique, qu’en est-il de ses engagements pour l'environnement ?

 

Les élections présidentielles de 2018 ont vu la réélection de Vladimir Poutine avec 76,69% des voix, celles-ci furent marquées, outre l’arrestation du principal opposant du président sortant Alexeï Navalny, par l’absence de l’écologie au cœur du débat.

La question écologique n’est pas évidente en Russie. En effet, on y développe davantage une vision à le court terme, notamment à travers la propagande de Vladimir Poutine, en axant le débat sur la situation socio-économique du pays, en particulier depuis mars 2014, suite à la mise en place de sanctions par l’Union Européenne consécutives à l’annexion de la Crimée. De ce fait, la vision de la population russe sur les questions environnementales sont davantage axés sur la recherche de gains sur l'export de gaz et de pétrole avant de s'occuper des questions environnementales. 

Pour donner une idée de l'importance des enjeux environnementaux en Fédération de Russie, les derniers chiffres nous permettent de voir qu'en 2013, la Russie rejetait 1,80 milliard de tonnes de CO2/an soit 12,6 tonnes par habitant par an. Trois ans plus tard, le taux de rejet de CO2 atteignait 1,44 milliard de tonnes par an, soit 9,97 tonnes par habitant et par an. Malgré une baisse plutôt significative du rejet de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, on constate qu'en Russie entre 1976 et 2014, le réchauffement climatique s’est développé 2,5 fois plus rapidement qu’au niveau mondial alors que les indicateurs démontrent une faible vulnérabilité au changement climatique. Ces différentes évolutions laisse désormais planer une menace sur la biodiversité russe.

En effet, les effets du réchauffement climatique ont un impact sur l’ensemble de la planète. En Russie, ils se traduisent par la prolifération d’algues sur les rives du Lac Baïkal, situé au sud de la Sibérie en Russie orientale, mais aussi par une diminution de la faune à l’image du bécasseau spatule.
Outre les effets mondiaux du réchauffement climatique, les menaces sur la biodiversité russe ne datent pas d’aujourd’hui. En effet, la Fédération de Russie porte sur ses épaules le lourd héritage de l’URSS. Durant l’époque soviétique, les partis écologiques et associations similaires étaient interdites.  Le productivisme et le stakhanovisme ont entraîné une érosion des sols et un épuisement des terres arables. La politique économique soviétique était basée sur l’industrie lourde ainsi que sur la surexploitation des ressources naturelles, laissant à la Russie actuelle en héritage une situation préoccupante.

L’ancien pays des tsars voit les industries liées aux ressources et à l’exploitation de ces dernières prendre une place considérable dans son économie, que ce soit Gazprom pour le gaz ou Rusal pour l’aluminium, sans oublier les secteurs liés au nucléaire et à l’aérospatial.
De plus, les mines et forages qui parcourent le plus vaste pays du monde détériorent la forêt boréale ou « taïga ». Il est estimé qu’entre 2000 et 2013 la perte de paysage forestier intact s’élevait à 1,4 million d’hectares par an. De 2014 à 2016, la Russie a perdue en moyenne 90% de ses forêts. 

Le domaine de production énergétique est en question également. Pour la production d’électricité le gaz est en tête des énergies utilisées avec 49,1%, suivi du nucléaire (16,6%), du charbon (15,8%), de l’hydrothermie (15,6%) et du pétrole avec 2,6%. Malgré l’utilisation de l’hydrothérapie comme énergie propre et productrice, le gaz prédomine. La Russie est le pays ayant le volume de gaz brulé dans des torchères le plus important avec 37,4 milliards de mètres cubes. Cela peut s’expliquer par le climat rigoureux qu’est « l’hiver russe » et par l’été qui lui est caniculaire. L’utilisation des ressources souterraines, l’exploitation tout comme l'érosion des sols entraînent une pollution des sols ainsi que de l’eau. La déforestation, la mauvaise utilisation des engrais agricoles, la fuite de produits chimiques ainsi que les cimetières de sous-marins, entraînent irrémédiablement une pollution de l’eau.
Pour ce qui est des sols, ils paient encore les conséquences de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl du 26 avril 1986. Selon le service fédéral de surveillance des ressources naturelles, la Russie produit 7 milliards de tonnes de déchets dont seulement 7% sont recyclés. Le pays compte 7000 sites légaux pour enfouir les déchets et...44 000 sites illégaux repérés au 15 Janvier 2013. Le recyclage du papier est estimé à 25% sur l’ensemble du territoire. 

À l’échelle internationale, le Russie ratifie le protocole de Kyoto en 2004 et signe également les Accords de Paris, durant la COP21 où les pays signataires s’engagent à réduire de 20% à 30% leurs taux d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Néanmoins, Vladimir Poutine indique que la Russie ne ratifiera pas les Accords de Paris avant 2019. Enfin selon le Global Footprint Network, la Russie est l’un des 57 pays préservant ses ressources notamment grâce à sa capacité forestière, même si son jour de dépassement est le 6 avril.

2017 était censé être (selon l’antenne russe de Greenpeace) pour la Russie l’année de l’écologie. L'annonce la construction de quatre usines d’incinération sans expertise écologique avec la présence inexistante d’un système de tri des déchets ont fait polémique. Le directeur chargé des ressources en eau de l’Académie russe des Sciences, Viktor Danilov-Danilian remarque néanmoins qu’en Russie : « un grand nombre de problèmes écologiques n’ont toujours pas été réglés ». L’unique projet environnemental de grande ampleur validé fut un projet de protection de la Volga, fleuve bordant néanmoins la ville de Volgograd.

La Russie souffre aujourd’hui d’un lourd héritage dû à la période soviétique tout comme des timides efforts produits en matière d’écologie et d’énergies renouvelables. Elle lui est aujourd'hui indispensable de produire plus d’efforts notamment en recyclage, en gestion des déchets, en préservation des écosystèmes et enfin termes d’énergies renouvelables.