Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Parlons Politique !

Parlons Politique !

Menu
La Minute Historique : Jacques Chirac (1932-2019), un homme présidentiel.

La Minute Historique : Jacques Chirac (1932-2019), un homme présidentiel.

Décédé ce jeudi 26 septembre 2019 à Paris à l’âge de 86 ans, l’ancien Président de la République Jacques Chirac représentait pour un grand nombre de citoyens français un grand homme d’État et le dernier détenteur de la fonction suprême a avoir pratiqué une certaine forme de politique « à l’ancienne ». Jugé de loin comme le Président de la République le plus sympathique de la Vè République (Source : JDD, 2015), Jacques Chirac aura su incarner, à sa manière, entre la Corrèze, l’Hotel de Ville de Paris, Matignon et le Palais de l’Elysée, une certaine incarnation du pouvoir politique français pendant plusieurs décennies.

 

Jacques Chirac s'est éteint ce jeudi 26 septembre à l'âge de 86 ans.

Depuis l’annonce de son décès, les hommages prononcés pour l’ancien Président de la République sont unanimes au sein de la classe politique française : salué pour ses qualités d’homme d’Etat, il est également salué pour certaines prises de positions au cours de ses mandats présidentiels, comme le refus de rejoindre les Etats-Unis dans l’invasion de l’Irak sans mandat des Nations Unies ou son combat contre l’extrême-droite notamment lors de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle de 2002. Son parcours, classique tout en étant audacieux, lui aura permis, jusqu’à son retrait de la vie politique, d’y incarner une place importante. 

 

 

Né en 1932 au sein d’une famille corrézienne au sein du 5è arrondissement de Paris où il grandira comme fils unique, son parcours parait un enchainement tout tracé pour arriver aux cercles du pouvoir : baccalauréat dans un grand lycée parisien (Lycée Louis-le-Grand), classes préparatoires scientifiques avant de bifurquer vers des ambitions administratives, Sciences Po Paris puis l’ENA. C’est pendant les premières étapes de son parcours académiques qu’il fit ses premières rencontres avec l’engagement politique, en passant trois mois comme matelot sur un navire charbonnier entre son baccalauréat et l’intégration des classes préparatoires scientifiques, en signant l’appel de Stockholm d’inspiration communiste à l’été 1950, en dénonçant ainsi à l’âge de 18 ans l’armement atomique. Il intégrera Sciences Po Paris un an plus tard, où il fera la connaissance de sa future femme, Bernadette Chodron de Courcel, qu’il épousera en 1956.

 

Jacques Chirac et sa femme Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel, le jour de leur mariage, en 1956.

 

Il profitera également des ses années d’études à l’Institut d’Études Politiques de Paris pour partir une année aux Etats-Unis, et ce malgré un engagement d’inspiration communiste, dans le contexte de la Guerre Froide. A l’automne 1954, il rentre dans l’Ecole Nationale d’Administration, antichambre des grands corps de l’Etat. Il se portera volontaire pour faire la Guerre d’Algérie en 1956 et part quatorze mois en Algérie, tout en se caractérisant comme partisan de l’Algérie française. Sorti dixième de sa promotion à l’ENA en 1959, il retourna en Algérie pour sa première affectation comme renfort administratif auprès du directeur général de l’Agriculture en Algérie pendant un an. Il enchainera les postes comme haut fonctionnaire jusqu’au milieu des années 1960 : auditeur à la Cour des Comptes, chargé de mission au Secrétariat général du gouvernement puis au cabinet du Premier ministre Georges Pompidou. Encarté au Rassemblement du peuple français (RPF) depuis 1947, il avouera être devenu gaulliste qu’en 1958.

 

Jacques Chirac et Georges Pompidou, Président de la République, en 1968.

Sa carrière d’élu au sens propre débuta en 1967, en remportant un siège de député en Corrèze, bastion historique de la gauche, pour les forces majoritaires de l’époque dirigés par le Premier ministre Georges Pompidou. En parallèle, il est nommé secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi puis à l’Economie lors de la fin de la Présidence du Général de Gaulle. Il resta au gouvernement tout au long de la Présidence de Georges Pompldou, où il deviendra Ministre chargé des relations avec le Parlement en 1971 puis Ministre de l’Agriculture en 1972.  Il fera parti des élus gaullistes qui soutiendront la candidature de Valéry Giscard d’Estaing en 1974, dont il deviendra Premier ministre dès son élection. Néanmoins, souffrant de mauvaises relations avec ce dernier, il démissionnera de ses fonctions deux ans plus tard. C’est ainsi qu’en 1976 ont commencés cinq années d’opposition au sein de la majorité. Quelques mois plus tard, il crée son propre parti : le Rassemblement pour la République, le RPR, qu’il définira comme une troisième voie entre le « le programme démagogique de la gauche socialo-communiste » et « les solutions de la droite conservatrice, orthodoxe, classique ».

 

Jacques Chirac présentant sa démission en 1976 au Président Giscard d'Estaing

 

 

Jacques Chirac créant son parti politique, le RPR.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En parallèle, il est élu Maire de Paris en 1977, fonction réintroduite après 105 ans de gestion préfectorale de la Ville de Paris. Cette fonction devient un contre-pouvoir pour lui au sein de la majorité, et devient un tremplin électoral pour la suite de ses fonctions politiques. Il restera Maire de Paris jusqu’en 1995. Le RPR devient lors de la Présidence Giscard d’Estaing un adversaire au sein de la majorité : les élections législatives de 1978 ont vu le RPR arriver devant l’UDF, parti libéral de centre-droit et giscardien, et le Parti Socialiste. Il profitera de la première élection du Parlement européen en 1979 pour commencer une campagne contre l’UDF, qu’il qualifiera de « parti de l’étranger », où le Président de la République agirait pour les intérêts de l’Europe et non de la France, qu’il souhaiterai « inféoder ». Néanmoins, sa campagne sur le crédo de l’Europe des Nations, cher au gaullistes, se signera par un échec : le RPR finira quatrième, derrière l’UDF, le Parti socialiste et le Parti communiste.  Souhaitant faire le rassemblement des gaullistes pour l’élection présidentielle de 1981, il lance un campagne sur le crédo de la réduction des impôts, directement inspiré de Ronald Reagan, élu un an auparavant Président des Etats-Unis, et « l’irrésolution » en politique étrangère de l’UDF. Il réussira à rassembler cinq millions de voix et 18% des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle, derrière François Mitterand (25,8%) et Valéry Giscard d’Estaing (25,3%). Il ne donnera pas de consigne de vote pour le second tour, tout en étant néanmoins dans une situation de faiseur de roi très ambiguë. Déclarant que chacun doit « voter selon sa conscience » et qu’il ne peut qu’à « titre personnel », voter pour Giscard d’Estaing au second tour, il faut prendre en compte une grande partie des ses électeurs, surtout plus jeunes, ont votés pour le candidat socialiste. Selon le Président sortant, il y aurait eu un accord secret entre Jacques Chirac et certaines personnalités socialistes. La stratégie du Maire de Paris aurait été de faire élire  François Mitterand pour obtenir une majorité parlementaire aux élections législatives suivantes. La présence de ministres communistes au gouvernement créerait un sentiment de peur au sein de la population française entrainant un raz-de-marée gaulliste comparable à mai 1968. La victoire de François Mitterand entrainera néanmoins une « vague rose » à l’Assemblée nationale, reléguant les forces gaullistes et libérales sur les bancs de l’opposition. Le RPR obtient ensemble avec l’UDF 43% des suffrages face aux 54,3% de la majorité présidentielle. Chirac est réélu député de la Corrèze, cette fois-ci face à un jeune socialiste, un certain François Hollande.

 

 

 

Jacques Chirac comme candidat à l'élection présidentielle de 1981

Dès 1981, Jacques Chirac devient le leader naturel de l’opposition au gouvernement socialiste, loin devant le Président défait Giscard d’Estaing et son successeur à l’Hotel de Matignon, Raymond Barre. Très critique face aux nationalisations, il se pose comme un adversaire de la planification économique. Il se rapproche à cette époque d’un point de vue économique de la Première ministre britannique Margaret Thatcher. En même temps, il prône un renforcement de l’Etat en ce qui concerne la sécurité des personnes et des biens : attiré par les partis conservateurs libéraux en Europe de l’Ouest, il délaisse certains aspects idéologiques issus du gaullisme, en se rapprochant notamment de Ronald Reagan en promouvant l’idée d’une « défense européenne commune » en lien avec l’OTAN. Concernant la Mairie de Paris, il réussit à se faire réélire en 1983 en réussissant à faire passer des mairies d’arrondissement intégralement UDF ou RPR.  Le rapprochement RDF-UDF permettra la constitution d’une liste d’union dirigé par Simone Veil aux élections européennes de 1984, qui arrivera en tête avec 43% des suffrages exprimés, contre 20% pour le PS et 11% pour le PCF. Jacques Chirac profitera également de son temps passé comme chef de l’opposition et de son statut de Maire de Paris pour contribuer à la création d’un réseau international des partis de droite de l’époque, l’Union démocrate internationale, notamment avec le vice-président américain George Bush Sr., la Première ministre britannique Margaret Thatcher, et le Chancelier fédéral d’Allemagne de l’Ouest, Helmut Kohl.

 

Jacques Chirac, comme Premier ministre, aux cotés du Président de la République Mitterand

En mars 1986, les forces communes du RPR et de l’UDF remportent les élections législatives et régionales : malgré le fait que les élections législatives se soit déroulées pour la première fois au scrutin proportionnel, la droite parlementaire réussit à rassembler 40% des voix et entraine la première cohabitation sous la Vè République. Concernant les élections régionales, la droite obtient la majorité et donc la présidence de 20 régions sur 22. Jacques Chirac, étant président du plus grand parti de la majorité à l’Assemblée, est nommé Premier ministre. Les deux années le séparant de l’élection présidentielle de 1988 sont marqués en premier lieu économiquement par des privatisations d’entreprises nationalisées après la Seconde Guerre Mondiale ou lors du Gouvernement Mauroy (1981-1983) et davantage de flexibilité sur le marché du travail tout en encourageant l’entreprise privée et l’investissement. Cette politique économique portera ses fruits avec une inflation sous les 4% pour la première fois depuis 1968, influencée par une meilleure conjoncture économique internationale et la baisse des prix du pétrole, un taux de chômage sous les 10% en 1988, et un taux de croissance qui passe de 2% à 4,5% entre 1986 et 1988. La première cohabitation est également marqué en second lieu par une politique de sécurité et d’immigration portée par son ministre de l’intérieur, Charles Pasqua.  De nombreuses mesures sont prises en ce qui concerne la criminalité, la délinquance, le terrorisme et les atteintes à la sûreté de l’Etat. De plus, les conditions d’entrée et de séjour sur le territoire français sont alourdis, en rendant entre autre, plus difficile l’accès à la nationalité française.

Jacques Chirac et son ministre de l'intérieur, Charles Pasqua

 

Néanmoins, les temps de la cohabitation sont compliqués pour Jacques Chirac : le Président de la République critique l’action du Premier ministre en refusant de signer certaines ordonnances, et certaines réformes sont mal comprises et impopulaires au sein de l’opinion publique. De plus, le Premier ministre est confronté à des mouvement sociaux étudiants et

des services publics, et paye l’image impopulaire à gauche du ministre de l’intérieur Charles Pasqua, accusé de chasser sur les terres de l’extreme-droite. Talonné à droite pour l’élection présidentielle de 1988 par Raymond Barre, investi par l’UDF, il obtient 20% au premier tour, distancé par François Mitterand (34%). Le report des voix aurait dû être l’enjeu de l’entre-deux-tours, avec Raymond Barre (16,5%)  et Jean Marie Le Pen (14,4%) : néanmoins, François Mitterand est réélu au second tour de l’élection présidentielle avec 54% des voix, et Jacques Chirac redevient naturellement chef de l’opposition. Les élections législatives qui suivront seront une défaite moindre, puisque le PS obtiendra seulement quatre députés de plus que l’Union du Rassemblement et du Centre (RPR, UDF et de groupuscules centristes) menée par Jacques Chirac. Néanmoins, l’Union du Centre rejoindra la majorité socialiste suite à « l’ouverture » prônée par le Premier ministre, Michel Rocard.

 

Composition de l'Assemblée nationale en 1988

 

 

 

Néanmoins, le second mandat présidentiel sera un temps difficile pour Jacques Chirac comme chef de l’opposition. Le développement de courants internes entraine des obstacles pôur l’obtention du leadership pour le Maire de Paris au sein de ses troupes : certaines contestations internes, notamment menées par le maire d’Épinal Philippe Seguin. Un « manifeste de la rénovation » est signé en avril 1989 par une douzaine de parlementaires, souhaitant un renouvellement de l’UDF et du RPR, remettant en cause les figures d’autorité qu’étaient Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. Néanmoins, en juin 1989, la liste conjointe menée par Giscard d’Estaing et Alain Juppé aux élections européennes arrive en première position (29%) face au Parti socialiste mené par Laurent Fabius (23,6%). Les contestations internes ne s’arrêtèrent pas aux élections européennes : les assises du RPR en février 1990 font apparaitre deux courants : les chiraquiens, menés par Alain Juppé, et ceux qui appellent à un « nouveau rassemblement » et une mise en avant de certains aspects sociaux du gaullisme, menés par Philippe Seguin et Charles Pasqua. La motion Juppé obtient la majorité au sein des militants (68,6%).  Néanmoins, cette opposition se retrouvera lors de la question sur le Traité de Maastricht en 1992 : alors que Jacques Chirac affirme dans un premier temps qu’il est « hostile au plan Delors tendant à instituer en Europe une monnaie unique », il se porte favorable au référendum sur la ratification du traité de Maastricht en 1992, alors qu’une majorité des membres du RPR, menés par Charles Pasqua et Philippe Seguin font compagne pour la non. Le début des années 1990 sont propices à de bon résultats électoraux pour le RPR : la droite obtient 19 régions sur 22 aux élections régionales de 1992, et obtient la majorité dans 76 départements sur 99 aux cantonales.  L’apogée sera le résultat des élections législatives de 1993 : suite à l’usure du pouvoir du gouvernement socialiste et la hausse du chômage, le RPR et l’UDF obtiennent à eux deux presque 82% des sièges, quant aux socialistes qui obtiennent moins de 10% des sièges à l’Assemblée nationale. Comme a pu l’analyser l’historien des droites René Rémond, l’Assemblée élue était la plus à droite qu’ait connu la France depuis plus d’un siècle. C’est ainsi qu’à eu lieu la deuxième cohabitation. Ayant déjà été Premier ministre à deux reprises, Jacques Chirac laisse Edouard Balladur prendre le poste, avec un accord tacite : Edouard Balladur devient Premier minstre pour que Jacques Chirac puisse mieux préparer sa victoire à l’élection présidentielle de 1995.  Néanmoins, en vue de sa popularité, Edouard Balladur choisit de se présenter à l’élection présidentielle de 1995 en prenant avec lui plusieurs de ses ministres (Nicolas Sarkozy, Charles Pasqua) face au candidat « légitime » du RPR qui est Jacques Chirac. À droite, la victoire est presque acquise : en face, la gauche est empêtrée dans un grand nombre d’affaires politico-financières et des révélations sur le passé de François Mitterand. Ce dernier renonça à se présenter dès l’été 1994, après trente années discontinue de candidatures à la magistrature suprême. La primaire interne du Parti socialiste élira en février 1995 Lionel Jospin comme candidat à l’élection présidentielle. Sa campagne jouera « sur le droite d’inventaire », en prenant ses distances avec la Présidence Mitterand. Néanmoins, le match se joue ailleurs : la campagne présidentielle se joue entre Jacques Chirac et Edouard Balladur.  Sa campagne se jouera néanmoins sur « la fracture sociale ». 

Edouard Balladur et Jacques Chirac

 

Malgré la popularité du Premier ministre, c’est Jacques Chirac qui réussit à se qualifier pour le second tour, avec 20,8% des voix, en seconde position derrière le candidat socialiste (23,3%). Edouard Balladur invita ses électeurs à reporter ses voix (18,5% des suffrages exprimées) sur le leader historique du RPR  ce qui l’aide à remporter le second tour avec 52,6%. Après avoir été pendant 28 ans le chef de file de la droite, le voila enfin Président de la République. Il nomme Alain Juppé Premier ministre qui nommera des « chiraquiens » et des personnalités politiques peu expérimentées au gouvernement, ce qui marquera encore les rancoeurs suite au duel face à Edouard Balladur et ses soutiens. Le début de sa présidence sera marqué économiquement par la mise en place d’un tournant de la rigueur, en voulant respecter le traité de Maastricht et réduire les déficits : pour se faire, un mouvement de privatisations d’entreprises publiques a lieu. Le début de son mandat présidentiel sera marqué par une allocation, lors des 53 ans de la rafle du Vélodrome d’Hiver, reconnaissant au nom de la République Française « la faute collective de la France (…) [souillant] à jamais notre histoire et sont une injure à notre passé et nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été sécondée par des Français, par l’Etat français ». Sur la plan international, son début de mandat sera marqué par la signature des Accords de Dayton au Palais de l’Elysée fin décembre 1995 : cet accord a visé de mettre en fin à la guerre de Bosnie-Herzégovine, en prévoyant une partition du pays entre la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (croate et bosniaque) et la République serbe de Bosnie (serbe). Néanmoins, sur le plan social, son gouvernement doit affronter des grèves massives suite à la réforme des retraite du service public et au gel du salaires des fonctionnaires. 

Les manifestations de l'automne 1995 contestant les réformes du service public.

 

Jacques Chirac prendra le risque de dissoudre l’Assemblée nationale le 21 avril 1997, et provoque des élections législatives anticipées, dans le but de renforcer l’autorité politique du Premier ministre. Néanmoins, les élections législatives du printemps 1997 sont marqués par la victoire de la « gauche plurielle » (PS, PCF, Verts et radicaux-socialistes), qui obtiennent soixante députés de plus que le RPR et l’UDF ensemble. 

Jacques Chirac et Lionel Jospin.

 

 

Arrivera le temps de la troisième cohabitation, avec la nomination de Lionel Jospin  comme Premier ministre. Le gouvernement Jospin acquiert une popularité notamment liée la mise en place des 35h, la baisse du chômage et la reprise économique. En 2000, Jacques Chirac propose la modification de la Constitution pour transformer le septennat en quinquennat, approuvé par référendum avec 73% des suffrages exprimées. Il mène campagne à sa réélection en 2002 avec la promesse de rabaisse des impôts et le thème de l’insécurité. À la surprise générale, Lionel Jospin, candidat socialiste à l’élection présidentielle, est éliminé dès le premier tour le 21 avril 2002 : Jacques Chirac (avec 19,88%) affrontera Jean-Marie Le Pen au second tour. La campagne d’entre-deux-tours est marqué d’une part par le refus de débattre avec son adversaire (« face à l'intolérance et à la haine, il n'y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible ») et les manifestations de la jeunesse et de la gauche appelant à voter pour lui : Jacques Chirac est réélu au second tour de l’élection présidentielle avec 82,2% des suffrages exprimées. Les élections législatives qui suivront conforteront sa victoire, avec le retour d’une majorité de droite à l’Assemblée nationale. 

 

 

Le résultat du premier tour de l'élection présidentielle de 2002

 

 

En parallèle de la campagne électorale pour les élections législatives se crée l’UMP, d’abord « l’Union pour la majorité présidentielle » et une fois les élections passées, «  l’Union pour un mouvement populaire », dans le but de rassembler toutes les forces de droite, avec le RPR, Démocratie libérale et une partie de l’UDF.  Il nommera comme Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, issu de Démocratie libérale et Président du conseil régional de Poitou-Charentes. D’un point de vue intérieur, son second mandat sera marqué avec la baisses des impôts sur le revenu et des décisions ciblées contre la délinquance, notamment prises par le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy. 

 

Sur le plan international, Jacques Chirac marquera l’actualité par une intervention restée célèbres au Sommet de la Terre à Johannesburg, notamment par ce passage : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer, et nous refusons de l'admettre. L'humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l'humanité sont en péril, et nous en sommes tous responsables ».

"Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs".

De plus, la situation internationale est très marquée par les attentats terroristes du 11 septembre : le Président français se montrera comme principal opposant à l’invasion de l’Irak. Il sera soutenu par huit pays ouest-européens et dix pays est-européens et agira activement pour que les Etats-Unis passent par l’ONU avant toute intervention. 

Jacques Chirac et George Bush Jr.

 

En 2004, les élections régionales seront un échec cuisant pour la droite : 20 régions sur 22 passent ou repassent à gauche. Jacques Chirac souhaite impliquer les citoyens français dans la Constitution européenne et décidé qu’un référendum soit organisé : sa prise de position favorable à l’entrée de la Turquie au sein de l’Union européenne et l’ouverture des négociations avec la Turquie est impopulaire en France. Le « non «  l’emportera avec 54%, ce qui entraine la démission de Jean-Pierre Raffarin au poste de Premier ministre. L’ancien ministre de l’intérieur et autrefois des affaires étrangères Dominique de Villepin devient Premier ministre dès mai 2005 pour les deux dernières années du quinquennat. Les deux années de son quinquennat seront marqués par l’impopularité du Président de la République :  une attaque cérébrale début septembre 2005 le fragilise et a comme volonté au sein de l’opinion publique, un Français sur 3 souhaite sa démission de l’Elysée pour des présidentielles avancées, et seul 1% des Français souhaitent qu’il se représente à l’élection présidentielle de 2007.  La fin de son mandat voit également l’arrivée d’affaires politico-financières impliquant le Président de la République : l’affaire Clearstream 2 soupçonnera le Premier ministre et le Président de la République d’avoir commandité des enquêtes confidentielles sur des personnalités politiques, entre autre Nicolas Sarkozy, puis l’affaire du compte japonais du Président aura indiqué, via une source de la DGSE, indiquera en 2006 que ce dernier aurait détenu par l’intermédiaire de Soichi Osada, arrêté en 2000 au Japon pour fraude frauduleuse. Jacques Chirac décide de ne pas se représenter à la magistrature suprême à l’hiver 2007, et soutiendra Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP puis vainqueur de l’élection en mai de la même année. Jacques Chirac se retire de la vie politique française après la passation de pouvoir avec son successeur.

 

Passation de pouvoir entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

 

 

 

 

Son retrait de la vie politique sera marqué par différentes procédures judiciaires contre la personne de Jacques Chirac mais aussi contre le dirigeant du RPR qu’il fut pendant plusieurs décennies. Il sera également victime de différents problèmes de santé, conséquents à son attaque cérébrale de 2005 : entre troubles de la mémoire, surdité et problèmes de déplacement, ses apparitions se font plus rares. Sa dernières apparitions publique aura été en 2014, cinq ans avant sa mort. Un autre aspect de sa vie après l'Élysée aura été le temps consacré à des engagements plus personnels, avec la création de la Fondation Chirac. Celle-ci souhaite "agir au service de la paix", mettant en avant l'accès à l'eau, à la santé, la lutte contre la déforestation et pour la diversité culturelle.