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Parlons Politique !

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Mode d'emploi et enjeux : Retour sur les élections en Bavière et la situation politique allemande.

Mode d'emploi et enjeux : Retour sur les élections en Bavière et la situation politique allemande.

Le 14 octobre 2018 se sont tenus des élections régionales en Bavière. Ces dernières ont eu lieu dans un contexte régional et national particulier et ont eu des enjeux dépassant le cadre simplement régional de la Bavière. Le parti conservateur local, la CSU (Chrisitlich-soziale Union, l'Union chrétienne-sociale en Bavière), au pouvoir sans interruption depuis 1957, perd sa majorité absolue. Ce scrutin voit aussi le jour d'une percée du parti vert allemand Bündnis 90/Die Grünen, l'entrée au parlement local du parti eurosceptique AFD et un minimum historique pour la SPD, le parti social-démocrate allemand, tout comme l'entrée possible pour la première fois du parti local libéral-conservateur Freie Wähler (électeurs libres) dans un gouvernement local. 

 

L'Etat libre de la Bavière (ici en rouge sur la carte de l'Allemagne) est un des seize Länder (Etat fédéré) allemand et a pour capitale Munich. Il est le plus grand Land allemand en terme de superficie et le deuxième en termes de population derrière la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, avec 12,8 millions d'habitants (ce qui correspond à 16% de la population allemande).

 

Historiquement, la Bavière était une monarchie constitutionnelle de 1805 à 1918. Elle a intégrée la Confédération de l'Allemagne du Nord en novembre 1870 puis l'Empire allemand lors de sa proclamation le 18 janvier 1871. C'était le deuxième Etat le plus étendu après le Royaume de Prusse. L'issue de la Première Guerre Mondiale fera preuve d'une rupture pour la Bavière : la monarchie sera renversée en novembre 1918 par le gouvernement socialiste-indépendant (USPD) de Kurt Eisner, écrivain pacifiste, et la République (Freistaat, également traduit de manière littérale par l'Etat libre) est proclamée en Bavière. Peu après, le chef du gouvernement sera assassiné et il demeura une éphémère République des Conseils Bavaroise (d'inspiration communiste) au printemps 1919, vite écrasée dans la violence par l'assaut des corps-francs, corps d'officiers allemands aigri et humilié par l'armistice vécu comme un coup de poignard dans le dos. Lors de l'entre-deux-guerres, la Bavière sert de refuge pour bon nombre d'organisations revanchardes d'extrême-droite et sera le lieu de naissance du parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) en 1920.

Après la Seconde Guerre Mondiale, la Bavière fera partie de la zone d'occupation militaire américaine dès 1945 puis trouvera sa place dans les Bi-, puis Trizone de l'administration militaire alliée jusqu'à la création de la République Fédérale Allemande. Lors de cette période, la Bavière est la région ayant accueilli le plus grand nombre d'exilés des anciens territoires de l'est de l'Allemagne, avec deux millions d'exilés accueillis. Ils ne contribueront pas seulement à la croissance démographique de la région mais également à la expansion culturelle et économique de la région.

Lors de l'établissement de la Constitution de la République Fédérale Allemande de 1949, le Parlement bavarois était le seul parmi les Etats fédérés à retoquer la proposition constitutionnelle : la Constitution allemande n'était pas suffisamment fédéraliste au goût du Ministre-Président de Bavière, Hans Erhard : Il réclamait des prérogatives équivalentes entre le Bundestag (assemblée parlementaire représentant le peuple allemand dans son ensemble) et le Bundesrat (conseil fédéral représentant les seize Etats fédérés) à l'échelle fédérale. Étant donné que la ratification de la Constitution (Grundgesetz) devait être approuvée par deux tiers des Parlements des Etats fédéraux, le rejet de la Bavière de la Constitution de la RFA, toujours en vigueur aujourd'hui, n'a pas eu d'influence particulière et la Bavière intégra tout de même la RFA en 1949. Néanmoins, la politique bavaroise restera toutefois marquée dans un premier temps par des tendances autonomistes notamment avec la représentation sur le plan fédéral jusqu'en 1953 et la représentation sur le plan régional jusqu'au milieu des années 1960 du Parti bavarois (Bayernpartei), d'orientation autonomiste, catholique tradionnaliste, corporatiste, monarchiste et antisocialiste.

Depuis 1957, la CSU, parti-frère de la CDU (chrétiens-démocrates) à l'échelle fédérale, est à la tête de l'exécutif bavarois. Ce parti s'est construit à la fin des années 1940 sur les ruines du parti populaire bavarois (Bayerische Volkspartei), issu d'une scission avec le parti centriste catholique de centre-droit Zentrum lors de l'entre-deux-guerres. Idéologiquement, la CSU repose sur un positionnement conservateur, des principes chrétiens et un appui sur davantage de fédéralisme à échelle nationale, tout en ayant pu approuver certaines positions sociales à ces débuts, notamment à propos des réformes agraires et des nationalisations. La CSU se différencie de la CDU notamment sur les questions sociétales et intérieure avec un point de vue plus conservateur et sur les questions économiques et sociales avec un point de vue moins libéral. Il est cependant important de noter que la CSU a obtenu sans interruption la majorité absolue des sièges au Parlement bavarois entre 1962 et 2008 puis entre 2013 et 2018. Elle a été contraint de faire une coalition gouvernementale en 2008 avec le parti libéral-démocrate centriste, la FDP. 

Sur le plan économique, la Bavière est l'Etat fédéré allemand le plus riche et représente à lui seul 18% de l'économie allemande : il est le Land avec le moins de chômage (2,8% en juillet 2018) et a connu une croissance de 2,8% en 2017. Son économie se fonde essentiellement sur de grandes entreprises familiales, le tourisme et le domaine de l'énergie. 

Sur le plan politique, cette élection bavaroise est marquée par une crise au sein du camp conservateur allemand. Selon le politologue Dr. Henrik Uterwedde, chercheur associé à l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg, cette crise s'explique par deux polémiques ayant eu lieu cet été :

Angela Merkel (CDU) et Horst Seehofer (CSU)

Une première polémique a eu lieu en juin dernier, où Horst Seehofer, ministre fédéral de l'intérieur et président de la CSU, déclare vouloir refouler à la frontière tous les demandeurs d'asiles ayant été enregistrés dans un autre pays de l'Union européenne. Cette prise de position sera vues par bons nombres d'observateurs comme une tentative de limiter des dommages liés par l'alliance de son parti avec la CDU alors que celui-ci est soumis à une concurrence par l'AFD sur les questions migratoires.

Hans Georg Maassen et Horst Seehofer

Une seconde polémique a eu lieu en septembre. Lors de manifestations à Chemnitz (en Saxe, ex-RDA), où citoyens en colère et groupuscules d'extrême-droite marchaient côte à côte en pourchassant des migrants après le meurtre supposé par deux demandeurs d'asiles d'un Allemand de 35 ans en pleine rue. La Chancelière met en avant son indignation, en mettant en avant que ces "chasses à l'hommes" sont contraires à l'Etat de droit.

Le président de l'Office fédéral de la protection de la Constitution et donc de l'agence allemande pour la sécurité intérieure, Hans-Georg Maassen, déclare que ses services ne "disposaient pas d'éléments suffisamment solides pour affirmer que ces chasses à l'homme ont bien eu lieu", allant jusqu'à remettre en question l'authenticité des vidéos amateurs tournés sur les lieux, montrant des migrants se faire malmener dans le centre-ville de Chemnitz. Il a estimé que "il y a des bonnes raisons de penser qu'il s'agit d'une fausse information destinée à volontairement détourner l'attention du meurtre commis à Chemnitz". Ces propos ont fait scandale : sapant d'une part l'autorité de la Chancelière allemande, ils ont pu mettre en péril d'autre part le gouvernement de grande coalition entre la CDU/CSU et la SPD. On exige la démission de Maassen du côté de la SPD, menaçant ainsi le parti de la Chancelière de choisir entre ce dernier et la présence du SPD au sein du gouvernement. Horst Seehofer, ministre de l'intérieur et par conséquent ministre de tutelle de Maassen, a pu lui affirmer son soutien inconditionnel, en lui accordant sa confiance et exigeant son maintien à son poste. "L'affaire" Maassen se transforme en peu de temps en une escalade remettant en question l'existence même de la grande coalition, formée dans la douleur entre fin 2017 et début 2018 : entre la SPD demandant le renvoi de Hans-Georg Maassen et le président de la CSU qui impose le maintien de ce dernier, la situation devient critique pour la Chancelière. Néanmoins, les trois partis trouvent un compromis, en révoquant Hans-Georg Maassen de son poste pour le nommer secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer. Cette affaire a détérioré le climat politique dans son ensemble : la confiance accordée au gouvernement et de la classe politique entière, déjà en berne, se réduit de plus en plus. Le sentiment que la classe politique est déconnectée des problèmes des citoyens ordinaires augmente et se fait exploité par l'AFD, où un climat de haine se fait cautionner et se répand. Les partis de gouvernements sont ici en incapacité de riposter à ce renforcement de l'extrême-droite : il leur a manqué une capacité d'écoute à l'égard des citoyens qui se sentent abandonnés par leurs élites.

À ces deux polémiques s'ajoute un troisième évènement : à peine sortie de cette seconde crise, le groupe parlementaire CDU/CSU renouvelle sa direction le 25 septembre.

V.Kauder (droite) et R.Brinkhaus (gauche)

Pour la première fois depuis 1973, deux candidats se présentent à ce scrutin : le candidat sortant, Volker Kauder, est le dirigeant du groupe parlementaire depuis 2005 et l'élection d'Angela Merkel au poste de Chancelière, qui lui précédée entre 2002 et 2005. Ayant permis un soutien inconditionnel de l'union conservatrice à la Chancelière pendant treize ans, il fait parti du cercle des fidèles parmi les fidèles d'Angela Merkel, qui à cette occasion lui accorda à nouveau son soutien.

Il a eu pour adversaire Ralph Brinkhaus, partisan d'un "nouveau départ" au sein du camp conservateur, ne cachant pas sa préoccupation de s'adresser aux "électeurs protestataires", ce qui correspond aux électeurs qui se sont détournés de la CDU et de la politique d'Angela Merkel pour voter en faveur de l'AFD. Il est également connu être un défenseur des politiques orthodoxes de la droite conservatrice allemande sur les questions financières, ayant notamment marqué son opposition à la nomination d'un ministre des finances et de la création d'un budget spécifique pour la zone euro. À la surprise générale, ce dernier a remporté l'élection interne, ce qui marque une perte de pouvoir au sein du camp conservateur d'Angela Merkel. Pour certains, comme Alice Weidel, cheffe de file de l'AFD : "Sa fin a commencée". Un an après les élections législatives, Angela Merkel doit composer avec un groupe parlementaire à majorité rebelle. Dans la démocratie parlementaire allemande, les groupes parlementaires jouent un rôle central : dans certains cas, un Chancelier doit quitter son poste non seulement à cause d'élections, mais aussi par des députés qui le poussent à partir.

C'est dans contexte particulier qu'ont eu lieu les élections régionales bavaroises du 14 octobre 2018. 

L'image ci-dessus dévoile les résultats de l'élections du 14 octobre dernier en haut et l'évolution des résultats pour chaque parti par rapport au scrutin précédant, en 2013, en bas. On constate en premier lieu une grosse baisse pour les deux partis de gouvernement (CSU, SPD) au bénéfice des Verts, des Freie Wähler (ici en orange) et de l'AFD. 

La CSU perd sa majorité absolue au Parlement local et devra conjuguer avec un allié pour continuer à gouverner : sa stratégie d'une part de faire courir une politique plus à droite, notamment au niveau du durcissement des conditions de l'immigration et de l'expulsion des migrants illégaux, s'alignant ainsi sur le programme de l'AFD,  a échouée, et d'autre part le fait d'insister sur l'argument que la Bavière ne pourrait se passer d'elle est à questionner. Toutefois, on constate un départ des voix des électeurs les plus conservateurs vers l'AFD et des plus "modérés" vers le parti écologiste.

L'entrée au Parlement bavarois du parti eurosceptique AFD est le résultat d'une campagne dénonçant l'immigration de masse, ayant attiré bon nombres d'électeurs CSU n'ayant pas digérés certaines difficultés causées par la vague migratoire. Néanmoins, l'AFD obtient un score plutôt modéré par rapport à son score fédéral : dans les enquêtes d'opinion, l'AFD tourne autour de 15% à l'échelle nationale. 

L'autre grand gagnant de ce scrutin est la poussée du parti vert Bündnis 90/Die Grünen, qui obtient avec 17.5% près du double des voix obtenus il y a cinq ans. Ce succès peut être d'une part interprété par un effet "repoussoir" de l'électorat conservateur et de sa campagne anti-immigration. Certains électeurs, en général issu de la classe moyenne, ont jugé que ce discours n'était pas en adéquation avec les valeurs chrétiennes et se sont reportés sur la formation écologiste, qui retrouve un positionnement politique plus en phase avec le centre gauche allemand tant dans sa composition sociale que dans son programme politique. Les Verts allemands deviennent ainsi la deuxième force politique de la Bavière, devant la SPD et l'AFD. Néanmoins, cette dynamique ne se limite pas au niveau régional : la société allemande devient de plus en plus polarisée sur la mondialisation et ce qui implique les frontières, le rapport à l'Europe et le rapport aux migrants. Les deux seuls partis ayant un ligne claire sur ces sujets sont d'une part, l'AFD (évoqué plus haut) et Die Grünen. Ces derniers attirent les électeurs déçus par la grande coalition, montrant un parti soudé autour d'une ligne claire autour de l'environnement et de la justice sociale : selon une enquête d'opinion, 40% des électeurs prêts à voter pour les Verts avaient votés pour la SPD et 25% d'entre eux avaient voté pour la CDU/CSU aux dernières élections législatives. Le nouveau chef de file des Grünen, Robert Habeck, docteur en philosophie et issu de l'aile droite du parti, évoque "la fin d'un parti de protestation au profit d'un parti de gouvernement". Néanmoins, alors que le parti vert est rentré au sein de certains gouvernements régionaux comme partenaire de la CDU, la CSU bavaroise exclut toute négociation pour former un gouvernement avec les Verts allemands : de trop grandes différences idéologiques dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture et de la sécurité exclut une coalition entre Die Grünen et les conservateurs.

Néanmoins, un potentiel partenaire de coalition pour la CSU pourrait être le parti des Freie Wähler (électeurs libres) : parti mineur à l'échelle fédérale traduisant idéologiquement à la fois le localisme et le libéral-conservatisme, les Freie Wähler représentent initialement une association d'électeurs transformée en un parti politique sur la base d'une association fédérale.

Cette association est née en 1946 du constat que les partis de masse idéologiquement marqués peuvent conduire à la catastrophe nazie. Elle rejète depuis sa naissance le système traditionnel des partis : les adhérents revendiquent une liberté politique et refusent dans un premier temps de s'organiser à l'échelle fédérale pour rester au plus près des revendications locales. Ils représentent pour certains cercles de réflexions, comme la Konrad Adenauer Stiftung, "une association de défenseurs des consommateurs ou de citoyens qui se présentent aux élections". 

Perdu de vue lors des années 1960 et 1970, ce parti revient sur la scène régionale bavaroise lors de son entrée au Parlement bavarois en 2008, perçu comme un vote de protestation des partis établis. Dix ans plus tard, avec l'arrivée de l'AFD, ce parti se traduit par un discours aussi conservateur que la CSU, tout en n'ayant pas la réputation de parti d'extrême-droite qui colle à la peau de l'AFD. Néanmoins, pour certains observateurs il représenterai un rempart efficace quant à la montée de l'AFD. Toutefois, le chef de file Hubert Aiwanger, agriculteur et ingénieur agronome, est taxé de populisme pour son style assumé de candidat du peuple, se prononçant en faveur d'un durcissement de la politique migratoire, de davantage de cours d'instruction patriotique dans les écoles tout en critiquant l'Union européenne, étouffant "les pauvres fermiers bavarois".Décrivant son mouvement comme alternatif à la CSU, en l'accusant de considérer la Bavière comme sa propriété privée, les différences entre ces deux partis reposent davantage sur la forme que sur le fond des programmes respectifs : une coalition gouvernementale entre les deux partis devrait avoir lieu, à condition de trouver un accord sur la répartition des postes.

Le SPD, parti social-démocrate et actuel partenaire gouvernemental des conservateurs à l'échelle fédérale, subit une défaite historique : jamais la SPD n'a récolté moins de 10% dans une élection fédérale ou régionale depuis 1945. Michael Bröning de la Friedrich-Ebert-Stiftung, commente cet échec : "Cette élection n'est même plus une défaite politique, c'est une catastrophe sans nom. Si l'on voit le SPD comme le Titanic, on peut dire que le parti n'a pas été heurté par un seul iceberg, mais une succession d'icebergs, chacun d'eux représentants les différents petits partis qui l'ont battus". Cet échec s'explique, du moins pour 88% des électeurs SPD bavarois, par la participation de la SPD à la grande coalition. Les militants SPD, notamment ceux issus de l'aile gauche du parti, estiment que le rôle du parti social-démocrate est davantage dans l'opposition que dans un gouvernement négocié dans la douleur. 

En résumé, cette élection bavaroise rend la coalition gouvernementale à trois (CDU, CSU, SPD) plus fragile qu'elle ne l'était déjà : d'une part la chute de la CSU remet en cause la politique de la Chancelière et d'autre part, le SPD fait face à une débâcle sans précédent. A court terme, prédire une chute d'Angela Merkel, en place depuis 2005, serait imprudent. Néanmoins, compte tenu des élections régionales régulières, comme fin octobre en Hesse, et les rumeurs d'éclatement de la coalition avec en parallèle le désir d'une élection législative anticipée, le Cabinet Merkel ne tient plus qu'à un fil. Avec un camp conservateur au bord de la rupture interne et en perte de vitesse sur le plan électoral, l'hypothèse d'un "mandat de trop" n'est pas à prendre à la légère. L'élection de la nouvelle direction de la CDU en décembre prochain permettra de voir si Angela Merkel sera oui ou non, détrônée en interne. Un départ pourrait impliquer un tournant politique au sein de la CDU, réorientée davantage vers le conservatisme sociétal, une plus grande orthodoxie économique et une orientation plus "nationalo-centrée" dans les rapports avec l'UE. On est ici à l'opposition des propositions européennes d'Emmanuel Macron, souhaitant valoriser le couple franco-allemand pour initier une reprise politique de l'UE.