Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Parlons Politique !

Parlons Politique !

Menu
Mode d'emploi et enjeux :  Le nouvel antisémitisme

Mode d'emploi et enjeux : Le nouvel antisémitisme

Dans une tribune parue ce dimanche 22 avril 2018 dans Le Parisien-Aujourd’hui en France, 300 personnalités ont signés « contre un nouvel antisémitisme », motivés par les multiples assassinats à caractère antisémite au cours des dernières années, comme par exemple la tuerie de l’école juive de Toulouse en 2012, l’attaque de l’Hyper Cacher en 2015 ou plus récemment le meurtre de Mireille Knoll à Paris. Pour les signataires de cette tribune, toutes ces crimes ont un point commun : l’islamisme radical. Néanmoins, cette tribune fait polémique et montre un certain malaise au sein de notre société.

 

 

 

 

Certes, l’antisémitisme n’est pas nouveau en France.

 

Avant le XIXème siècle, il était commun de différencier l’antisémitisme, définissant une hostilité aux Juifs d’un point de vue communautaire et culturel à l’antijudaïsme, lié à la religion. Malgré une baisse significative depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale des actes et discours à caractère antisémite, l’antisémitisme demeure toujours. La fin du XXème siècle a connu une nouvelle montée des actes antisémites, notamment influencés par le conflit israélo-arabe. Le début du XXIème

siècle aura donné part à une nouvelle forme d’antisémitisme, surnommé par certains ,, le nouvel antisémitisme’’. L’historien Georges Bensoussan aura observé dans son ouvrage Les territoires perdus de la République (2002) un retour de l’antisémitisme dans les banlieues parmi les jeunes d’origine maghrébine. Jean-Christophe Rufin, ancien président d’Action contre la faim, publie un rapport en 2004 sur l’antisémitisme, où il met en évidence que cette nouvelle forme d’antisémitisme parait plus hétérogène au sein de notre société, et n’est plus seulement liée à une certaine immigration ou à l’extreme-droite.

 

Le philosophe Bernard-Henry Lévy distingue trois phénomènes qui ont menés au développement du nouvel antisémitisme : l’antisionisme, le négationnisme et la concurrence des mémoires.

Bernard-Henry Lévy, philosophe

 

L'antisionisme justifierai la haine des Juifs en raison d’un soutien d’un Etat illégitime et assassin. Le négationnisme légitime une haine la Juifs en raison de la fondation d’Israel fondé sur une souffrance imaginaire et exagérée

La concurrence des mémoires explique que les juifs commettent un crime en entretenant la mémoire des victimes de la Shoah en poussant à étouffer les autres mémoires, en éclipsant notamment les victimes palestiniennes du conflit israélo-arabe.

 

L’antisémitisme est synonyme d’une République attaquée et blessée pour les signataires de la tribune.

 

On lit dans la tribune publiée dans Le Parisien notamment que les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être attaqués que les Français musulmans ou que 10% des citoyens juifs en Ile-de-France ont été contraints de déménager afin de se sentir davantage en sécurité. On y trouve également l’évocation d’une « épuration ethnique à bas bruit ». L’idée est de briser un tabou en évoquant le malaise de toute une communauté. Le nouvel antisémitisme serait directement en lien avec la radicalisation islamiste. Le but serait néanmoins de ne pas seulement voir la radicalisation islamiste comme une révolte sociale d’un groupe communautaire. Malgré tout, l’antisémitisme politique de l’extrême-droite ou d’une partie de la gauche radicale, où il est commun de transformer les ,,bourreaux’’ des Juifs en victimes de la société, existe toujours de façon opportune. Il est également reproché de vouloir mettre en place un clientélisme vis-à-vis de l’électorat musulman, dix fois plus présent que l’électorat juif en France.

La solution proposée serait la suppression des versets du Coran appelant au meutre et aux châtiment des Juifs, des Chrétiens et des incroyants, afin qu’un aucun croyant ne s’appuie sur un texte religieux pour justifier tout acte à caractère antisémite. Il est donc attendu de la part de l’islam de France d’ « ouvrir la voie » et que la lutte contre l’antisémitisme devienne un cause nationale.

 

La demande politique et religieuse se fonde donc sur la radicalisation islamique qui mène, en lisant entre les lignes, au développement d’un antisémitisme radical.

 

 

 

A ce sujet, le gouvernement a évoqué que l’antisémitisme était un déshonneur pour la France et la nécessité de lutter contre

l’antisémitisme de façon ferme. Une mesure prise est notamment le Plan national contre le racisme et l’antisémitisme sur

le web.

 

 

 

 

 

 

Néanmoins, est-ce suffisant ? Ne faudrait-il pas par exemple introduire l’enseignement du fait religieux à l’école, afin d’apprendre au futures générations ce qu’est la diversité, la différence et le vivre-ensemble homogène.

 

La lutte contre l’antisémitisme ne doit pas devenir une lutte contre la communauté musulmane française ou la communauté musulmane dans son ensemble. Lutter contre les discriminations en tout genre doit avoir une connotation universelle et pas une visée communautaire. Vivre en République, c’est faire passer certains principes universels au delà des communautés et des différences. La France n’est pas la France sans ses Juifs tout comme la France n’est pas la France sans ses Musulmans. Cela reviendrai à mettre en pratique une thèse d’extrême-droite, notamment évoquée dans Petit Frère d’Eric Zemmour, où le « Grand Remplacement » de la population française par une population musulmane justifierai la montée des violences urbaines et de la délinquance en tout genre, notamment contre les juifs, dans laquelle la France devrait en quelques sorte considérer ses immigrés comme ennemis pour sauver ses Juifs.

 

Laurant Mucchielli, chercheur et sociologue au CNRS, a essayé de théoriser ce nouvel antisémitisme. En premier lieu,  il observe que les opinions antisémites existent dans la société française, mais ont une

Laurent Mucchielli

tendance à diminuer depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Il en déduit donc que la société française n’est pas un pays antisémite. Il rejette l’hypothèse selon laquelle l’antisémitisme serait lié à un rejet de la politique d’Israel. Il met également en évidence que le racisme anti-maghrébin ou anti-musulman en général est davantage présent dans la société française, en se basant sur des enquêtes de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, où le groupe faisant l’objet de plus de craintes ou de rejets serait la communauté musulmane.