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Parlons Politique !

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Quelle Europe avons-nous aujourd’hui ? Quelles sont les perspectives d’avenir ? Mode d’emploi et enjeux

Quelle Europe avons-nous aujourd’hui ? Quelles sont les perspectives d’avenir ? Mode d’emploi et enjeux

L’Union européenne est une association politique et européenne de 28 Etats européens. Ces derniers délèguent et transmettent bon nombres de responsabilités par différents traités ( Maastricht, Rome, Lisbonne ). Territoire de 4.5 millions de km² et composé de 511 millions d’habitants, l’UE est la première puissance économique mondiale en terme de PIB nominal. D’un point de vue politique et institutionnel, l’Union européenne a une structure supranationale et intergouvernementale : le Parlement européen est élu au suffrage universel direct, le Conseil européen ainsi que le Conseil de l’UE sont composés de représentants des Etats membres. 

L’Europe que nous connaissons aujourd’hui doit beaucoup à une longue et lente construction dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale. La Déclaration Schuman du 9 mai 1950 peut être utilisée comme base d’un idéal européen : les deux grands objectifs sont dès lors la paix et la prospérité au sein de l’Europe de l’Ouest. La paix, après trois guerres en moins d’un siècle sur le territoire européen, sera le leitmotiv des prémices de la construction européenne. Sur le siècle précédant,  Robert Schuman commente «  L’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre ». Une construction politique était donc primordiale pour éviter tout nouveau conflit et devient une source d’espoir. Un second point devient la concurrence économique des démocraties libérales naissantes d’Europe de l’Ouest face aux démocraties populaires de l’autre côté du rideau de fer. 
La construction européenne démarre avec l’intégration sectorielle autour d’institutions sectorielles et supranationales aux compétences limités avec la limitation de souveraineté étatique, notamment avec la mise en place de la CECA en 1951 et la CEE en 1957. 
Dès 1986, avec l’Acte unique, suivi en 1992 par le Traité de Maastricht, la construction mêle l’économique au politique. L’Acte unique a permis la libre-circulation des biens et des services, la libre installation des entreprises sur le territoire européen ainsi que la libre circulation des personnes et des citoyens. Le Traité de Maastricht de 1992 avait pour but de promouvoir le progrès économique et social, affirmer une identité européenne sur la politique étrangère de sécurité commune, créer l’instauration d’une citoyenneté de l’UE, mettre en place la coopération judiciaire et intérieure tout en gardant le respect de l’identité nationale des Etats membres et le respect des droits fondamentaux. Les traités d’Amsterdam (1997) et de Nice (2001) ont permis de réformer ces fondamentaux grâce à d’une part, l’affirmation des principes de libertés, de démocratie et le respect des droits de l’homme, et d’autre part grâce à des méthodes d’évolution du système institutionnel. 

Aujourd’hui, l’Europe politique connait une période de doutes, nourrie par un grand nombre de décalages. Herman Van Rompuy, lors de son discours de fin de mandat de Président du Conseil européen au Forum économique de Bruxelles de 2014, définit ces derniers à travers certaines traditions culturelles, historiques et intellectuelles différentes au spectre des faits et de la pensée économique.  
La crise de la dette souveraine a mis l’UE face un problème où elle n’était pas prête : les déséquilibres macro-économiques et fiscaux ont accru la prise de conscience des marchés. Le Pacte de Souveraineté et de Croissance avait pour but d’avoir être la contrepartie budgétaire décentralisée de la politique monétaire centralisée. Néanmoins, les règles des 3% de PIB de déficit annuel tout comme les 60% du PIB de dettes ne sont pas respectés.  Une politique de compréhension mutuelle a été mise en place, ce qui a entrainé un certain laxisme au sein des institutions. 
En parallèle, les traités de l’UE imposent une règle de « non-renflouement » et l’interdiction pour la BCE de consentir à un financement monétaire aux Etats en difficulté. Une réponse à une potentielle nouvelle crise de la dette souveraine n'est pas assurée, si l’on prend d'autant plus en compte la diversité des Etats membres de l’UE. 
Depuis l’échec de la Constitution européenne et les nombreuses crises traversées durant la dernière décennie, l’UE tel qu’elle est aujourd’hui doit être remise en question.

Ainsi, quels sont les projets pour l’Europe ?

Que pensent les différents grands partis sur l’Europe? 

Parlement Européen, à Strasbourg.


Petit Panorama des propositions actuelles sur l’Europe 


Front National. 

Marine Le Pen, Présidente du Front National et députée européenne.

Le Front National propose en premier lieu un « patriotisme » économique, dans lequel la France s’affranchit des règles de l’Union européenne, en y ajoutant la fermeture des frontières et le critère de la préférence nationale. Un référendum sur la sortie de l’Europe serait proposé au cas où il arriverait au pouvoir . De plus, le rétablissement de la primauté du droit national sur le droit européen devrait avoir lieu, tout comme une renégociation radicale des traités européens afin de reconquérir davantage de souveraineté nationale. 

Les Républicains

Le programme européen des Républicains peut être résumé sur quatre objectifs : tout d’abord, un plus grand respect des frontières, avec le rétablissement des frontières nationales partout et aussi longtemps que nécéssaire. Un second point serait la mise en place d’un gouvernement économique ainsi que d’un Fond Monétaire Européen, à l’instar du Fond monétaire international. Pour la droite, il serait ainsi important de concentrer un certains nombres de compétences européennes autour de points stratégiques :  le marché intérieur européen, la PAC (Politique Agricole Commune), l’industrie, l’énergie, la recherche, les politiques de concurrence et commerciales, ainsi que le numérique. Tout le reste devrait retourner, par conséquent, à la souveraineté nationale. Une dernière proposition serait l’arrêt du processus d’élargissement jusqu’à ce que la refondation ait été menée à son terme. 

La République en Marche 


Le parti du Président de la République détermine, selon le programme établit pour l’élection présidentielle, un plan européen en trois clés : il conviendrait dans un premier temps de prendre le temps de la réflexion dans le but du rétablissement de la confiance en l’Europe, par le biais de conventions démocratiques. Une idée proposée serait la mise en place d’une liste européenne transnationale pour élire 73 eurodéputés au prochaines élections européennes, correspondant au nombre de sièges britanniques au Parlement européen. 
Un second axe serait de renforcer le rôle de l’Union européenne sur 5 points : la sécurité, la croissance, la mondialisation, le développement durable et le numérique. 
En dernier lieu, on propose le renforcement de l’identité européenne au travers de plusieurs réalisations ,comme par exemple l’extension du programme Erasmus ou la création d’un statut européen pour les apprentis. 

Parti socialiste 

Les propositions évoquées par la parti social-démocrate se concentrent notamment à une lutte contre les politiques d’austérité, où il existe en contrepartie un plan de soutien à l’investissement, avec une croissance européenne nourrie par l’investissement et des créations d’emplois. Les investissements devraient se concentrer sur différents grands projets comme le numérique, l’environnement et les transports. L’objectif final serait de renforcer la cohésion et la solidarité entre Etats membres tout en approfondissant l’intégration européenne avec des nouvelles impulsions politiques et sociales. 

La France insoumise

Le programme « L’avenir en commun » dévoile un programme européen en deux plans : un Plan A et un Plan B, si ce premier venait à échouer. 
Le Plan A souhaite rediscuter les traités en place afin de garantir davantage de droits sociaux pour les travailleurs et la protection d’un patrimoine industriel, technologique et agricole tout en établissant une politique de réduction de l’émission de gaz à effet de serre. Si ce plan venait à échouer, un Plan B viendrait, selon les mots du programme, refonder l’Europe sur des bases plus saines. 
Cela viendrait à une indépendance de l’action de l’Assemblée Nationale, qui viendrait au nom du gouvernement Français construire une nouvelle coopération européenne de la France. Les électeurs serait donc appelé à se prononcer sur le résultat de cette consultation parlementaire.

 

Actuellement, les objectifs européens s’orientent vers Europe 2020, stratégie de coordination des politiques économiques au sein de l’UE depuis 2010. Ils s’orientent vers cinq buts : 

- Le taux d’emploi doit atteindre 75% de la population âgée de 20 à 64 ans, via une plus importante intégration des femmes, des travailleurs âges et des réfugiés sur le marché du travail. 
- L’UE doit atteindre 3% du PIB dans la recherche et le développement. 
- Réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 20% par rapport à 1990 voir même 30% si les conditions y sont favorables.  Les sources d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie doivent atteindre 20% et l’efficacité énergétique doit augmenter de 20%. 
- En matière d’éducation, réduire le taux de décrochage scolaire à moins de 10% et faire en sorte que 40% des personnes agées de 30 à 34 ans aient un diplôme de l’enseignement supérieur ou équivalent.

- Réduire la pauvreté en se fixant l’objectif de réduction d’au minimum 20 millions de personnes soient confrontés au risques de pauvreté et d’exclusion sociale. 

Néanmoins, ce plan a pu être critiqué sur le renforcement des capacités d’innovation et d’investissement. Selon les eurodéputés de l’opposition, deux points doivent être soulevés : Tout d’abord, l’innovation ne doit pas se faire au détriment d’une recherche fondamentale, mais avec une certaine cohérence,  les résultats des recherches devant être valorisés dans les filières économiques et industrielles. L’innovation viendrait ainsi encourager la compétitivité des territoires. On pourrait, par exemple, appeler à une participation des régions, en terme de crédits à engager ou en valorisant le citoyen dans son rôle à jouer sur le terrain. 
De plus, certains eurodéputés du PSE ( groupe social démocrate au Parlement européen)  ont milités à l’occasion de l’élaboration de cette stratégie d’une dotation pour l’Europe d’une vision de moyen ou long terme pour le numérique dans le but de developper les secteurs technologiques et informatiques dans le cadre de la compétitivité européenne. La mise en place d’un agenda numérique permettrait d’engager la croissance et de transiter davantage vers une économie verte et durable. 

Il faut noter que cette stratégie dans son ensemble entend créer une nouvelle sorte de gouvernance économique pour piloter les objectifs évoqués précédemment.