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Parlons Politique !

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Un  fenêtre de tir est-t-elle en train de s'ouvrir à gauche ?

Un fenêtre de tir est-t-elle en train de s'ouvrir à gauche ?

En créant le M1717, Benoit Hamon a ouvert une fenêtre de tir à destination des écologistes et des communistes, lesquels font l’objet de toutes les attentions. Il a pris cette décision après avoir longtemps réfléchi sur son avenir politique. Il se sent plus utile à l'extérieur du PS, en spéculant dès aujourd’hui à une fin de cycle pour la social-démocratie en Europe. Le Mouvement du 1er juillet participe à l’émiettement de la gauche tout comme le Mouvement « Dès Demain » de  Christiane Taubira,  Martine Aubry et Anne Hidalgo. L’aile gauche du PS pourrait continuer de gonfler ses rangs car,  comme le précise les proches de l’ancien candidat à l’élection présidentielle,  le M1717 n’est pas le « mouvement des hamonistes », ou  ni du moins une aventure personnelle. Reste que l’aile gauche du Parti socialiste, très représentée au sein du collectif, a refusé d’appeler ses militants à manifester contre les ordonnances sur le dialogue social tout en traînant en longueur sur sa rénovation. Pour prouver  l’ouverture du mouvement,  malgré le fait qu’on aime rappeler que des rapprochements semblant impossibles à gauche, il y a quelques semaines se sont opérés des accords notamment avec Jean-Luc Mélenchon, avec qui ils ont manifesté le 23 septembre dans le cadre de la Marche contre «  le coup d’Etat social ». La politique mise en place par le gouvernement  va certainement continuer à pousser les partis de gauche à communiquer entre eux et à s’unir dans leurs revendications : « Il nous a offert un cadeau », a-t-on pu entendre dans l’entourage de Benoit Hamon. Le M1717 espère, grâce à ses comités locaux, de sortir un programme plus abouti que celui présenté à l'élection présidentielle pour les futures échéances électorales.

 

L'ancien Premier ministre Manuel Valls avait annoncé qu'il quittait le Parti Socialiste, auquel il avait adhéré il y a 37 ans, pour "faire vivre la gauche républicaine". Il fera parti de la majorité La  République En Marche, en tant que député apparenté.  L'annonce de Manuel Valls apparaît a posteriori comme une décision inéluctable après des mois de relations détériorées, non seulement avec les ex-frondeurs du parti socialistes, mais aussi après déclaré avoir voté Emmanuel Macron dès le 1er tour, alors qu’en tant qu’ancien candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire il avait déclaré sur l’honneur qu’il soutiendrai le candidat vainqueur à l’issue de la primaire. Ultime étape de cet éloignement en date : la décision du PS, de se situer "dans l'opposition" au gouvernement actuel, alors que l’ancien maire d’Evry a répété à plusieurs reprises sa volonté d'œuvrer pour la réussite de la nouvelle majorité dessinée autour d'Emmanuel Macron. "Nous nous situons clairement dans l'opposition au gouvernement d'Edouard Philippe. Nous ne voterons pas la confiance au gouvernement", a dit Hamon. Le divorce entre Manuel Valls et bons nombres des partisans du PS ne remonte pas à l'élection présidentielle de 2017. Nommé ministre de l'Intérieur de François Hollande en 2012, l'homme, qui n'a jamais dissimulé ses ambitions présidentielles, avait rapidement incarné, à gauche, un penchant pour l'autorité. Son action comme chef du gouvernement n’a fini de diviser le Parti socialiste : la mise en œuvre du Pacte de responsabilité,  trop favorable aux entreprises, les choix budgétaires puis la Loi Macron relative à la croissance ont confirmé le caractère "social-libéral" de sa politique, entraînant par la suite la création d'un groupe de "frondeurs" au sein du Parti socialiste à l'Assemblée nationale, brisant de fait la majorité de François Hollande.  C'est surtout la loi  travail dite «  Loi El Khomri » du nom de la ministre du Travail de l’époque, soutenue par Manuel Valls, qui a précipité le divorce entre le chef du gouvernement et une partie des cadres et responsables du PS qui réclamaient, face au chômage, une réorientation plus à gauche de la politique gouvernementale. Sur le plan idéologique, sa vision ferme de la laïcité et de l'islam politique a suscité également des oppositions au sein de sa propre famille politique. Plus que toute chose, c'est son rapport au pouvoir qui a consommé le divorce. Les opposants à Manuel Valls ne lui ont jamais pardonné l'usage du 49.3 pour faire adopter, sans vote au sein de l’hémicycle, les lois Macron puis El Khomri.  Considéré comme un "traître" par beaucoup de membres du PS après le forfait de François Hollande début décembre 2016, Sa campagne, particulièrement houleuse, s'est doublé par la large victoire de Benoît Hamon. Manuel Valls, refusant de soutenir le candidat socialiste désigné par les militants,  a achevé de fédérer contre lui l'ensemble des courants hostiles du PS, des "frondeurs" à Martine Aubry, qui l'accusaient de traîtrise. Actant l'incompatibilité de ses vues avec le projet porté par Benoît Hamon, l'ex-chef du gouvernement a pris fait et voté pour Emmanuel Macron dès le premier tour de la présidentielle. Du coup, une démarche très isolée qui a failli lui coûter son siège de député dans l'Essonne, où le PS a renoncé à lui opposer un concurrent, mais où certaines forces de gauche ralliées à la candidate de La France insoumise, l'ont fait vaciller.

 

Aujourd'hui, le PS et l’ensemble des mouvements associés restent dans la visée de cette phrase de Hamon qui dit envers Macron "Ils mènent une politique de droite". C'est à dire qu'il met en œuvre des lois ou des réformes qui ont pour but d'amoindrir l'égalité dans l’objectif d’encourager la mise en place de davantage de libertés individuelles et économiques.