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Parlons Politique !

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La Minute Historique #4 : Un siècle après la Révolution d’Octobre, que reste-t-il du communisme dans le monde ?

La Minute Historique #4 : Un siècle après la Révolution d’Octobre, que reste-t-il du communisme dans le monde ?

Il y’a 100 ans, le 25 octobre 1917, avait lieu la Révolution d’Octobre en Russie. Cinq ans plus tard le 30 décembre 1922 naissait l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Soixante-huit ans après sa création, elle était officiellement dissoute le 26 décembre 1991, le dernier dirigeant Mikhaïl Gorbatchev ayant remis sa démission la veille. Aujourd’hui en 2017, que reste-t-il du communisme dans le monde ?

 

Revenons en 1917. La Russie a déjà connue une révolution, celle de Février, qui a vu le renversement du Tsar Nicolas II, et la mise en place d’un gouvernement provisoire. En Octobre, ce gouvernement dirigé par Aleksandr Kérenski (depuis le 23 Juillet) est assez impopulaire. En effet, l’insistance à poursuivre la Première Guerre mondiale qui dure depuis trois ans, avec une armée Russe ayant subie de sévères défaites (Tannenberg 1914, vaste offensive Austro-allemande de 1915 qui permet aux Empires centraux de s’avancer dans le territoire russe), la crise économique qui n’a cessée d’empirer depuis l’été, ainsi que la déception du manque de réforme n’a fait que renforcer les bolcheviks, qui ont lancé une campagne de propagande intensive à 2 Petrograd (actuelle Saint-Petersbourg). Ainsi le 25 Octobre 1917 (7 Novembre dans le calendrier grégorien) Lénine et Trotski lançaient avec leurs partisans une insurrection armée dans Petrograd. Le lendemain, Léon Trostki annonçait la dissolution du gouvernement provisoire. La Russie devenait le premier pays communiste au monde dans l’histoire

Aujourd’hui, cent ans ce sont écoulés depuis la Révolution d’Octobre, et vingt-six depuis l’écroulement de l’URSS. Le vingtième siècle est considéré comme celui de l’histoire du communisme, le vingt-et-unième, comme celui de « l’après-communisme » et ce, malgré la présence toujours d’actualité du « spectre du communisme » dont Marx avait annoncé l’avènement dans son « Manifeste du Parti Communiste » de 1848.de ce fait, depuis 1991, cinq États se réclament de l’idéologie communiste : Le Laos, le Viet-Nam, Cuba, la Chine et la Corée du Nord

Or sont-ils vraiment communistes ? À quoi pouvons nous reconnaître un pays communiste ? A quoi reconnait-on une idéologie liée au marxisme-léninisme ? À la mise en tutelle de la société avec une suppression des libertés ? Ou bien la présence d’une police politique et de l’armée ?

Prenons l’exemple de deux pays, qui aujourd’hui sont des pays communistes ou qui du moins s’en réclament :

Tout d'abord, la République populaire de Chine.

Le pays le plus peuplé de la planète, seconde puissance mondiale, est depuis 1949 sous le contrôle du Parti Communiste Chinois. Le pays a connu des périodes difficiles avec la politique du Grand Bon en Avant (1958) lancé par Mao Zedong, qui devait porter le pays vers une modernisation économique, et qui se solda par une famine causant la mort de 15 à 30 millions de personnes ! La perte d’autorité, de ce dernier le fit mettre « à l’écart », cependant, il revient grâce à la Révolution Culturelle en 1966,et reprit le contrôle de l’Etat et ce jusqu’à sa mort en 1976. La Chine était durant cette période dans un totalitarisme que l’on peut appeler de haute intensité, un communisme pur et dur à l’image de l’URSS, de Staline. Or avec les années 1980 et l’arrivée de Deng Xiaoping, la République Populaire de Chine a engagé des réformes économiques. La réforme des « Quatre modernisations » basé sur l’Industrie et le commerce, l’éducation, l’organisation militaire et l’agriculture. Le rapide développement des secteurs économiques de consommation et d’exportation, avec une classe moyenne urbaine de 15% sans compter sur un accroissement du niveau (revenu par tête, espérance de vie, niveau d’éducation) et une plus large frange de droits et liberté témoignent d’une évolution du communisme en Chine. 

Aujourd’hui, la Chine a adopté une « économie socialiste de marché » qui réuni capitalisme et politique autoritaire. Cette dernière se définit comme « un État socialiste de dictature démocratique populaire , dirigé par la classe ouvrière et basé sur l’alliance des ouvriers et des paysans ». La constitution chinoise continue de citer le marxisme-léninisme comme idéologie de référence de l’État. La Chine reste un état communiste au sens de la dictature de l’état mais pas de l’économie.

En second lieu, la Corée du Nord :

Pour expliquer l’origine de la Corée du Nord, il faut remonter en 1895. À cette époque, l’ensemble du territoire Coréen vient de passer sous domination nippone. En effet, les Japonais ont triomphé de l’Empire de Chine de la dynastie Qing durant la première guerre sino-japonaise. Cependant, l’Empire du Soleil-levant capitule le 2 septembre 1945, et signe par ailleurs la fin du second conflit mondial et perd ses territoires. Ainsi le territoire Coréen est scindée en deux parties : le Nord sous domination soviétique et le Sud sous domination américaine.

Le 15 août 1945, Kim Il-sung leader de la résistance communiste face à l’occupation japonaise s’impose comme le dirigeant du pays, en tant que secrétaire du PTC (Parti du Travail de Corée : issu de la fusion du parti communiste et du parti néo-démocratique de Corée) tandis que le 9 septembre 1948, l’Assemblée Populaire Suprême proclame la République populaire démocratique de Corée, la Corée du Nord voit le jour.

Or les réformes ont commencées bien avant, dès fin 1945, et pendant l’année 1946, avec plusieurs lois : Fin 1945 campagne d’alphabétisation, loi sur la réforme agraire du 5 mars 1946, loi du 24 Juin 1946 qui instaure le premier code du travail, loi du 30 Juillet 1946 qui proclame l’égalités des sexes.

Après la Guerre de Corée (1950-1953) laissant les deux Corées séparées par une zone démilitarisée autour du 38ème parallèle, la Corée du Nord s’industrialise afin de parvenir à atteindre l’autosuffisance politique, économique et militaire. L’État nordcoréen à jusqu’en 1995 suivi la politique du « Juche », c’est-à-dire une politique autocratique édifiée, édifiée par Kim Il-sung. Cette idéologie guide les actions du PTC et est basée sur le pouvoir de diriger le destin de chaque citoyen, mais aussi sur une propagande intensive. Trois axes déterminent ce système : l’autonomie militaire, l’autosuffisance économique et l’indépendance politique.

De plus, en 1980, la charte du PTC est révisée pour remplacer les principes du marxisme-léninisme par ceux de Kim Il-sung, et le 9 Avril 1992 la Constitution nordcoréenne supprime toute référence au marxisme-léninisme ainsi qu’a la dictature du prolétariat au profit des références de « Juche ».

Le « Juche » est lui-même « renouvelé » par la politique de Sangun. Cette doctrine développée par Kim Jong-il est un prolongement des idées du « Juche », cependant la doctrine de Sangun donne priorité à l’armée dans la construction du socialisme de l’état. Succède à la politique de Sangun en 2013, la politique de Byongjin, cette dernière est mise en place par le chef suprême actuel : Kim Jong-un. Cette politique a pour objectif le développement économique et en parallèle le développement de l’arme nucléaire.

La Corée du Nord, à l’inverse de la Chine est un état communiste de part son dirigisme d’État mais aussi dans son économie malgré les encouragements pour une libéralisation de l’économie faite par Kim Jong-il en 2002. Son régime communiste malgré sont détachement par rapport à la philosophie du marxisme-léninisme est un régime de type stalinien. La Corée du Nord peut être considéré comme le régime communiste restant du XXème siècle, de plus cet état est le seul à avoir une dynastie communiste : la dynastie des Kim.

 

Pour conclure, le communisme tel que le monde l’a connu au XXème siècle n’existe quasiment plus dans le monde d’aujourd’hui. Le marxisme-léninisme tel que l’URSS le proposait est soit détournée (Chine) soit remplacé (Corée du Nord), l’exemple de la Chine qui a adoptée une économie socialiste de marché et qui tend vers une plus large ouverture comme l’a expliqué le Président Xi Jinping lors du XIXème Congrès du PCC à Pékin. Le communisme, aujourd’hui même s’il n’a plus l’influence, ni l’importance qu’auparavant, reste et restera ancré dans les mémoires collectives durant un certain temps encore.