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Parlons Politique !

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Sur quels arguments se fondent les Eurosceptiques et comment les affronter ?

Sur quels arguments se fondent les Eurosceptiques et comment les affronter ?

Sur quels arguments se fondent les Eurosceptiques et comment les affronter ?


« Ce n'est pas l'Europe qui est un problème, c'est la manière dont les grands partis français abordent les questions européennes. ». C’est ainsi qu’introduit Sylvie Goulard, auteure de Europe: Amour ou chambre à part? (2013, Flammarion), une tribune dénonçant les négligences des grands partis politiques vis-à-vis des questions européennes, publiée au sein du Figaro en amont des élections européennes de 2014. Cette élection largement profité au Front National, parti historiquement anti-européen , devenant ainsi le parti français le plus représenté au Parlement européen en termes de sièges, avec près d’un quart des suffrages exprimés. C’est de ce constat, que nous, jeunes citoyens européens, avons pu nous rendre compte d’une réelle expression de sentiments eurosceptiques et d’un mal-être vis-vis de l’Europe au sein de notre société. Les discours eurosceptiques ne se sont pas atténués avec le temps et ont eu leur apogées lors de la campagne de l’élection présidentielle au printemps dernier, où la question d’appartenance à l’Union Européenne fut une des principales divergences entre les principaux candidats. Néanmoins, avec près de 45% des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle pour les principaux candidats eurosceptiques ou critiques au fonctionnement de l’UE (Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan), il parait légitime de se poser les bonnes questions sur l’Europe, et de savoir comment rediscuter des aspects critiquables de l’Europe d’aujourd’hui. 

On pourrait, en apparence, voir les arguments antieuropéens, d’un point de vue lié au paysage politique : les arguments eurosceptiques de droite ont une origine identitaire et nationaliste, et les eurosceptiques de gauche prônent des arguments économiques et sociaux. Cette affirmation, un tantinet caricaturale et simpliste, permet de comprendre d’un point de vue historique les divergences idéologiques entre les deux bords de la question européenne.
Néanmoins, en réalité, l’euroscepticisme se forme sur beaucoup plus de crises significatives : on peut citer entre autres la crise économique et financière depuis 2008, la crise de confiance envers les hommes politiques à l’échelle européenne ou le terrorisme. Les causes sont multiples et difficile à contrôler sur l’échelle de 28 pays : tout événement peut être analysé et interprété de manière différente selon tout les pays ou les mouvances politiques au pouvoir dans chacun des pays.

Néanmoins, ce mal-être européen a-t-il un sens ? 

Nous vivons grâce aux avantages de l’Union européenne sans nous en rendre compte. Les buts de l’UE permettent d’augmenter nos libertés individuelles et collectives. Grâce à cette dernière, on peut par exemple traverser les frontières sans perdre de temps et avoir une liberté de mouvement au sein de 27 pays. Remettre en question cette notion entrainerait une difficulté aux différents citoyens européens de s’enrichir culturellement au sein d’une même civilisation.  On peut d’ailleurs illustrer les avantages liés à l’UE par d’autres exemples qui nous touchent au quotidien : l’existence du programme ERASMUS ou par exemple une politique environnementale permettant l’Europe à être le continent le moins pollué du monde.

En contrepartie, le mal-être européen se justifie pour les eurosceptiques par un problème identitaire et de souveraineté nationale : néanmoins, comment peut-on parler d’un problème de souveraineté nationale lorsque chaque Etat a un certains poids, où les Etats d’un point de vue individuel bloquent le fonctionnement collectif de l’Europe. L’idéologie de la souveraineté nationale prouve que, d’un point de vue réactionnaire, l’Etat devrait avoir un monopole à l’échelle continentale par rapport à l’extérieur.

D’autres problématiques peuvent aussi être évoqués à propos des défauts de l’Union Européennne, notamment le manque de transparence technocratique ou de politique sociale. Mais faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? 

Certes, les pratiques institutionnelles et partisanes sont à renouveler et à améliorer, ce qui doit entrainer une renégociation de certains traités, tout en respectant notre passé et l’ambition initiale de l’Europe. 

Quoiqu’il arrive, après avoir mis en place une Europe économique, il faut dès à présent imposer une Europe politique forte face aux forces diplomatiques extérieure de plus en plus imposante. Mais l’Union européenne représente beaucoup plus qu’une simple union économique et politique : c’est un défi de civilisation.

Ce défi passe en premier lieu par l’écoute et la pédagogie. Dans une Europe assez conservatrice, il faut moderniser les pratiques politiques, où il faut prendre en compte toutes les opinions et relancer le débat démocratique pour viser une Europe au coeur des préoccupations de ces sujets. Il serait également important de mettre davantage en avant le rôle de l’Europe, pour mieux comprendre le fonctionnement de l’Europe, et ce dès l’école. Cela empêcherait certains partis politiques de surfer sur une vague conservatrice et protectionniste  pour critiquer l’Europe et prôner à des fins démagogiques une sortie de l’Union. 

L’Europe est aujourd’hui en pleine mutation, et vit un moment-clé de sa jeune existence. Les critiques qui lui sont faites doivent bien évidemment être pris en compte pour modifier ou optimiser la vie commune de 28 pays partageant une continent. Après une histoire européenne marquée par les conflits, il ne faut jamais oublier l’ambition initiale de la construction européenne : la paix. Cela est notre force, et il est primordial de le mettre en avant.  Afin de mettre en oeuvre l’Europe du XXIème siècle, il faut renoncer à tout les conservatismes et certainement remettre beaucoup de choses à plat. Cela passe notamment par une refonte institutionnelle, la renégociation de certains traités et la mise en place d’une véritable identité culturelle européenne. Cela ne pourra se faire un jour et se travaille sur le long terme. Un projet commun doit être établi en fonction des aspiration européennes, mais il ne faut pas négliger le travail en coulisses d’experts ou de hauts fonctionnaires européens qui ont les compétences nécéssaitres à ce poste. Mais comment agir ? Les partis politiques, les think tanks et les groupes d’actions citoyennes doivent jouer un rôle actif à la mise à jour du logiciel européen. Il ne reste plus qu’à agir et ne pas attendre que les eurosceptiques prennent de cours ses failles pour prôner sa destruction.