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Parlons Politique !

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M1717 : un renouveau à gauche, source d’espoir

M1717 : un renouveau à gauche, source d’espoir

M1717 : un renouveau à gauche, source d’espoir

Benoit Hamon a créé un nouveau mouvement  : celui du 1er Juillet 2017. Il consiste à promouvoir une société plus juste, plus démocratique et plus écologique. Non, la gauche n'est pas morte, mais elle reste cependant à reconstruire. Le 1er juillet, sur la pelouse de Reuilly à Paris, 11 000 personnes ce sont rassemblés pour assister à la création d’une gauche unifiée, en dehors de structures partisanes comme le Parti socialiste.
 
Mais tout d’abord, un peu d’histoire : 
Benoit Hamon a 49 ans, il est titulaire d'une licence d'histoire à Brest, et adhére au Parti Socialiste en janvier 1987. Il a été  président du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes) entre 1993 et 1995. Ayant été le plus jeune candidat socialiste aux  élections législatives de 1997 à l’âge de 30 ans, il parvient à devenir conseiller de Martine Aubry au Ministère de l'emploi entre 1997 et 2000. Porte-parole du Parti Socialiste de 2008 à 2012, il est élu député de la 11ème circonscription des Yvelines en juin 2012. A côté de ses activités politiques, il a directeur du planning stratégique de l'institut de sondage Ipsos de 2001 à 2004, co-fondateur de la société d'étude lefil.fr et Professeur à l'Institut  d’étude européennes de l’université Paris VII de 2009 à 2012.  Après avoir remporté la primaire de la Belle Alliance Populaire, il est le candidat du PS à l’élection présidentielle de 2017, où il obtiendra 6.36% des voix. La proposition phare de sa campagne a été le revenu universel d’existence, que j’ai abordé précédemment. 

Nous répétons sans cesse que la démocratie doit être remise en question : hyper-présidentialisation, abstention, désintérêt pour la chose publique, défiance vis-à-vis des élus, et la liste est longue et non exhaustive. Mais c’est dans des moments de crise que la démocratie a pu naitre, et l’idéal démocratique peut tout aussi bien se réinventer dans cette crise que nous traversons. Notre démocratie est en proie à de profonds dysfonctionnements et n’apparaît plus comme un modèle pour tout le monde.  Les chefs d’Etat Vladimir Poutine, Donald Trump, Recep Tayyip Erdogan illustrent ce nouveau monde politique : les « hommes forts » sont davantage plébiscités, le plus souvent éloignés des valeurs traditionnelles de la démocratie libérale. Le temps politique donne l’impression au citoyen d’être muet en dehors des périodes électorales et ce qui entraine une crise de confiance vis-à-vis de la sphère politique . Il faut recréer notre système démocratique, au risque de le voir imploser. 
Référendum d’initiative populaire, prise en compte du vote blanc, participation à la rédaction de la loi : plusieurs initiatives existent dont nous pourrions nous inspirer afin de redonner du sens à la relation entre le citoyen et ses représentants. Redonner du sens à la vie citoyenne ne doit pas seulement être envisagé  au sein des institutions politiques nationales. Nous devons également  envisager la mise en place des relais démocratiques au niveau européen, ainsi que dans les entreprises. 

Le discours environnemental, repris en chœur par une grande majorité des dirigeants de la planète, ne se transforme pas en actes concrets. A l’heure actuelle, nous aurions besoin d’une planète et demie pour subvenir à nos besoins. Nous tardons à prendre les décisions qui s’imposent pour protéger notre planète, et nous recontrons toutes les difficultés du monde à abandonner le mode de consommation productiviste qui est le nôtre depuis trop longtemps. Nous pouvons encore agir pour préserver au maximum nos écosystèmes. Des idées innovantes émergent partout dans le monde pour produire en tenant compte de la finitude de nos ressources et en respectant les humains, à tous les niveaux d’actions. Nous avons les moyens de bâtir un modèle de développement tempérant qui prend en compte les besoins réels de tous les hommes et les femmes, mais aussi de la planète. 

La tension entre capital, réalité du travail et les aspirations des travailleurs est à l’origine de luttes et de conquêtes passées . Les monde du travail est en pleine évolution et ne peuvent plus se résumer à l’emploi-salarié (autoentreprenariat, formes hybride due à l’uberisation, contrats précaires…). Un certain nombre de travailleurs paient très cher cette flexibilité accrue, le chômage de masse, la raréfaction du travail ainsi que l’absence de réflexion sur la protection sociale de demain, oublieé quelque fois aujourd’hui. Les nouvelles formes d’organisation du travail n’apaisent pas le rapport de force entre capital et travail. Nous devons réinventer collectivement le travail pour remettre l’humain au cœur de nos préoccupations. La crise conduit les Européens à accepter la flexibilité et accélère la mise en œuvre de réformes. Pourtant, une autre issue est possible : repenser notre rapport au travail, reconnaître les activités non salariées, penser les protections sociales de demain face à la disparition des emplois et à la discontinuité des carrières. La crise de 2007, marquée par l’échec de l’autorégulation du marché,  est maintenant derrière nous, mais une autre crise de même ampleur se profile. Aforce de vouloir « faire de l’argent  » l’économie marchande s’est supplée aux objectifs de mieux vivre, et de mieux vivre ensemble. Cette doctrine est aujourd’hui intégrée à chaque échelle de notre société où l’individu préfère étudier les « failles » des lois nationales pour faire devenir  un évadé fiscal, plutôt que de participer à la construction des politiques publiques dont il bénéficie. 

Alors que 8,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté, la déconnexion des puissants par rapport aux difficultés de ce monde apparaissent intolérables. Il est temps d’ancrer de nouveau notre économie au sein du réel, en faisant contribuer chacune des entreprises et chaque  contribuable à son juste niveau. Une société plus juste est envisageable avec une économie davantage tournée vers l’intérêt général et valorisant des modes d’organisation alternatifs fondés sur les valeurs d’autonomie, de solidarité et de bien commun. Notre histoire est remplie d’épisodes de conflits laissant à penser que la nature humaine nous pousse à nous entretuer pour des raisons variées. A l’échelle d’un Etat, nous éprouvons déjà toutes les difficultés à vivre ensemble ; imaginons cela à l’échelle mondiale, alors que l’ONU reconnaît aujourd’hui plus de 200 États souverains. Nombreuses aussi furent les tentatives de réguler ces pulsions autodestructrices, en particulier au cours du XXème siècle, avec des issues plus ou moins heureuses. Nous vivons dans un monde en perpétuelle évolution. Ces évolutions d’une rapidité parfois surprenante, prennent des formes qui nous semblent toujours plus complexes pour nous laisser le temps de nous y adapter, ce qui rend notre environnement parfois illisible.

La pensée sociale-démocrate a toujours eu le rôle important de chercher le progrès social, où l’égalité ainsi que la justice sociale priment sur l’intérêt individuel. Quoiqu’il est en est, face à un courant social-libéral au pouvoir et l’émergence d’une gauche radicale, il faut trouver de nouvelles solutions pour trouver un nouveau souffle à l’Etat-Providence, s’adapter à un monde du travail en pleine mutation et trouver une réponse face aux différents défis climatiques et planétaires du XXIème siècle. Certes essoufflée après une longue période de confusion, non la gauche n’est pas morte : la gauche de demain se construit avec toutes les bonnes volontés, et ne pourra que se fonder sur un torrent d’idées progressistes. Le nouveau mouvement de Benoit Hamon en a l’ambition.