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Parlons Politique !

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Le revenu universel, ou le rempart face à la révolution numérique du travail.

Le revenu universel, ou le rempart face à la révolution numérique du travail.

Le revenu universel, ou le rempart face à la révolution numérique du travail.

Selon les partisans du revenu universel, la révolution numérique pourrait conduire à une raréfaction du travail. Aujourd'hui, il y a un risque concret pour toute l'économie francaise de voir des centaines de milliers d'emplois disparaitre ou transformés en raison de la révolution numérique. On ne peut donc plus penser le travail comme d'autres l'ont pensés auparavant. 

La question est donc de « comment pouvoir maitriser cette transition ? »:

Benoit Hamon pense qu'il faut la matriser en ayant une politique d'emploi qui investit dans les nouveaux gisements d'emplois (énergies renouvelables, services à la personne, prise en charge du vieillissement) :  il faut donc avoir une politique économique qui relance le pouvoir d'achat d'ou l'idée du revenu universel d'existence. Revenu de base, universel ou d’existence, le principe a plusieurs noms et une définition : « C’est une somme d’argent que chacun reçoit indépendamment de qui il est », explique l’économiste Samuel Bendahan. Enfants, étudiants, salariés, autoentrepreneur, chômeur ou retraité, tout le monde y a droit, sans condition ni contrepartie.

Sa fonction : Protéger le travailleur et encourager l’initiative 

Il profitera à 19 millions de personnes, notamment à tous les salariés sous 2200 euros net par mois. Cela signifie que l'immense majorité de nos concitoyens pourra bénéficier d'une augmentation de son pouvoir d'achat.
Certaines personnes ont rétorqué que cela pourrait renforcer l'oisiveté au sein de la société.
On peut prouver le contraire. Prenons par exemple, une femme qui est actuellement aide -soignante, qui travaille dans une maison de retraite à mi-temps et qui perçoit un SMIC et qui travaille quelques heures supplémentaires, soit 600 euros par mois. Aujourd'hui, pourquoi continuer à  travailler si l'on peut vivre grâce aux minimas sociaux. Ici, le revenu universel d'existence joue un rôle fondamental car cette femme percevra 400 euros supplémentaires. Plus votre feuille de paye augmente, plus votre salaire augmente, plus la part du revenu universel baisse. En clair, c'est une revalorisation du travail. 
Ainsi, on consomme plus, ce qui remplit le carnet de commandes des entreprises, stimulant ainsi la demande puis la croissance économique, ce qui n'est pas sans conséquence sur le niveau d'emploi. 

D'un point de vue «étatiste», le concept de revenu de base repose sur l’idée selon laquelle l’Etat-Providence doit assurer à tous ses membres un minimum vital. Selon cette conception, le montant du revenu doit donc être suffisant pour vivre, et par la même occasion, permettre l’émancipation des travailleurs. « C’est une façon de s’affranchir du pseudo-esclavagisme qu’est le travail », explique Samuel Bendahan. Assuré d’un revenu, le citoyen n’est plus dépendant du travail, et ainsi du patronat. C'est une façon de renverser les rapports de force. Dans certains courants de pensée, le revenu universel a aussi pour objectif de reconnaître qu’on peut apporter à la société et créer de la valeur au-delà de l’entreprise. Aujourd’hui, différentes activités productives, comme par exemple le bénévolat,  créent de la valeur sans avoir des équivalents monétaires. Le revenu universel est donc une incitation à l’initiative personnelle.

Réduire l’intervention de l’Etat et libéraliser le travail 
Pour d’autres partisans du revenu universel, l’objectif est de simplifier au maximum le système d’aide social et de reduire l’intervention de l’Etat. Dans cette vision, l’allocation versée vient remplacer tout le système de redistribution, en allant du système de retraites à l’assurance maladie. Avec une aide unique, moins de fonctionnaires devront s'occuper le système social, et moins d’étatisme. Une fois l’allocation perçue, charge à chacun de se tourner vers des organismes privés pour assurer sa protection.
Autre argument, venant cette fois-ci d'un point de vue libéral, lié à la libéralisation du marché du travail. Si chacun reçoit une allocation mensuelle lui permettant de survivre, plus besoin d’outils comme le smic pour sécuriser les travailleurs. De plus, puisqu’il est versé aux travailleurs comme aux chômeurs, le revenu de base inciterait au travail.

S’adapter au marché du travail 
Au-delà des clivages idéologiques, l’évolution du marché du travail fait grossir les rangs des partisans du revenu universel. Dans un rapport sur les mutations du travail à l’heure du numérique, publié en janvier, le Conseil national du numérique (CNNum) proposait d’évaluer le bien-fondé du revenu universel. Partant du constat que le développement du numérique fera disparaître des emplois intermédiaires et qu’avec l’automatisation, il n’y aura pas assez de travail pour tout le monde, le CNNum juge « absolument nécessaire de se poser la question aujourd’hui pour y répondre demain ». L’ubérisation du travail donne également plus de poids aux arguments favorables. Le revenu universel serait une façon de s’adapter à une société où le salariat ne serait plus la norme. Une façon d’assurer une protection sociale qui n’est plus garantie par les cotisations patronales, et d’inciter à l’entreprenariat.

Comment le financer ? 
« Si on choisit la vision libérale, on peut financer le dispositif par la suppression de toutes les autres aides ». Problème: « C’est enlever aux plus précaires pour donner à tous (...) Et sans réellement donner à chacun assez pour vivre, puisque les citoyens devront assumer le coût du démantèlement de la protection sociale.» A l’inverse, conclut l’économiste, si on ne supprime pas les autres aides, où trouver l’argent pour verser 800 euros par mois à chaque citoyen ? 
Chaque année, l'Etat donne des aides financières aux entreprises pour qu'elles créent de l'emploi. Or, celles-ci n'en créent pas toujours et utilisent ses sommes financières importantes principalement pour leurs profits. Cette idée de supprimer toutes les aides financières existantes permettrait considérablement de faciliter le financement du revenu universel.