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Parlons Politique !

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La situation au Royaume-Uni : Theresa May va-t-elle pouvoir rester aux commandes ?

La situation au Royaume-Uni : Theresa May va-t-elle pouvoir rester aux commandes ?

La situation au Royaume-Uni : Theresa May va-t-elle pouvoir rester aux commandes ?

Lors de la campagne des élections générales britanniques de 2015, le premier ministre candidat à sa réélection, David Cameron, a promis un référendum remettant en question l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne. Un an plus tard, David Cameron démissionne de ses fonctions la tête basse : Le Brexit remporte le référendum, et il a perdu son pari. Presque immédiatement, la Secrétaire d’Etat à l'Intérieur, Theresa May, prends le poste de Cameron, et devient la deuxième femme à devenir Première ministre Britannique, après Margaret Thatcher, elle-même issue du parti conservateur.

Comme premier fait marquant, elle promet immédiatement à son électorat que “Brexit veut dire Brexit”, ce qui signifie, quoiqu’il arrive, même si un accord n’est pas trouvé avec l’Union Européenne ou que la nouvelle Première ministre a fait campagne contre le Brexit, que le Royaume-Uni sortira de l’Union Européenne. Ce fut un message fort, ayant derrière également une majorité parlementaire forte avec en parallèle de ça une opposition divisée et un gouvernement qui la soutient : tout semble alors possible. 

Le 18 avril 2017, avec vingt points d’avance dans les sondages sur le Parti travailliste et les négociations du Brexit avançant, Theresa May annonce, à la surprise générale une élection générale anticipée pour le 8 juin, qui a pour but de renforcer sa majorité parlementaire. Néanmoins, tout comme son prédécesseur, elle perd son pari. Malgré le fait que les Conservateurs aient un accroissement de 5,6 points de leur électorat, ils ont perdu 13 places de députés ce qui par conséquence leur a fait perdre leur majorité absolue au sein de la Chambre des communes.
Des le 18 avril,  le parti conservateur semble favori,  quant au parti travailleur (« Labour ») il  semble déjà avoir perdu l’élection d’avance. Dès lors, il y un retournement de situation : les mesures d'austérité fonctionnent mais sont contestés par certains, entres autres par le leader charismatique du parti travailliste et chef de l’opposition, Jeremy Corbyn.  Il critique notamment l’état du NHS (système de santé public au Royaume-Uni) , les soldes de fonctionnaires et le fait que personne ne semble trouver un accord sur le Brexit.

Tout de même, l'économie est en pleine expansion après avoir dû subir les conséquences de la crise financière de 2008. Le chômage est en baisse et malgré les mesures d'austérité, l'éducation et le NHS reçoivent plus en plus de dotations chaque année. Alors comment se fait-il que Theresa May aie  perdu les 20 points d’avance qu’elle avait sur le parti travailliste ? Est-ce seulement lié à Jeremy Corbyn, socialiste au passé fort contestable ? 

D’une part, si l’on prend en compte la campagne conservatrice, on ne peut que déplorer une campagne marquée par bon nombre d’erreurs. Tout d’abord, le choix du slogan “Fort et stable”, deviendra un tollé et sera source de  moqueries durant la campagne. Puis, au lieu de promouvoir leurs candidats locaux, ce qui a plutôt bien fonctionné en 2015, le parti a décidé de tourner toute la campagne autour de Theresa May, une première ministre connue pour ses “flip-flops” nombreux et sa personnalité froide.

Une des erreurs majeurs commises par le parti était l’apathie vis-à-vis de la campagne, dont la stratégie était de recruter les anciens électeurs de l’UKIP, un parti de droite presque uniquement dédié au Brexit depuis sa création dans les années 90. Cette stratégie a obligé le parti à prendre des positions parfois contreproductives, ce qui a provoqué le départ d’une grande partie de son électorat, contre l’arrivée d’un groupe d’électeurs ne représentant pas l’électorat historique du parti.

Un exemple de propositions contreproductives mené par le parti conservateur lors de sa campagne est la “taxe de déments” :  un impôt pour les retraités propriétaires des leur logement. La proposition  n'était t pas calculé financièrement, ce qui est signe d’incohérence pour un parti basant ses décisions sur des politiques d'austérité. La manque de sérieux vis-à-vis la campagne électorale a été souligné à plusieurs reprises, mais n’a évidemment pas été pris en compte.

D’autre part, l'élection était annoncée comme perdue d’avance pour le chef du parti travailliste, Jeremy Corbyn. En effet, après 3 victoires électorales successives sous l’ère Tony Blair suivi par deux défaites successives en 2010 et 2015, le choix de nommer à sa tête l’ex-marxiste Corbyn, léger sympathisant a plusieurs groupes terroristes, semblait solidifier des victoires sans fin pour le parti conservateur.

Même avant l'élection de 2017, les faiblesses de Corbyn peuvent déjà être observés: Tensions antisémites au sein de son parti, une défaite aux élections locales de 2016 et une campagne de presse embarrassante contre la privatisation ferroviaire soulignent tout le manque de coordination au sein du parti, surtout autour du Brexit, ou de nombreux députés voulaient défier le parti, préconisant un second référendum.

Mais Corbyn a pu gratter des points tout au long de la campagne en dévoilant un programme à priori  calculé financièrement, selon ondoute fortement,  promettant plus d’investissements dans l’éducation,  les infrastructures, les aides aux étrangers ains que la santé et la recherche. Il préconisait plus d'impôts pour les plus hauts revenus et beaucoup moins de financement pour l'armée, au nom d’un pacifisme idéologique. Il a pu récolter très rapidement une forte popularité auprès des jeunes qui se ne sentait pas entendus après la victoire du Brexit, et qui attendaient une revanche.

L'élection a donné à Corbyn une popularité  qu’il n’a jamais eu, dépassant Theresa May dans les indices de popularité. Ses qualités d’orateur et son vocabulaire familier lui a été avantageux lors de l’incendie de Grenfell Tower peu après l'élection où il a choisi de consulter les habitants de la tour au lieu des pompiers et policiers présent sur place . Face à lui , Theresa May a vu sa popularité tomber violemment, non seulement à travers le pays mais aussi au sein même de son propre parti où  plusieurs députés l’ont critiqué et ont demandé sa démission.

On pourrait donc  conclure que l'élection a été catastrophique pour May et les conservateurs, mais il faut nuancer cet échec, car elle a obtenu plus de votes que Thatcher dans ses meilleures années ou Blair dans sa victoire histoirique de 1995. Ils obtiennent une majorité gouvernement  grâce à une coalition avec le parti Unioniste d’Irlande du Nord ce qui permet aux négociations du Brexit d’avancer avec comme interlocutrice Theresa May. 

 

On ne peut vous assurer qu’une chose : les prochaines élections seront imprévisibles.