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Parlons Politique !

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A-t-on vécu un renouvellement du paysage politique en 2017 ?

A-t-on vécu un renouvellement du paysage politique en 2017 ?

A-t-on vécu un renouvellement du paysage politique en 2017 ?

Les échéances électorales de l’année 2017 ont menés à des changements de différents ordres.  Après près d’un an de campagne électorale, les partis dits « traditionnels » ( PS, LR ) paraissent très affaiblis. Tout d’abord critiqués par leur aspect d’appareil bureaucratique vieillissant, le régime des partis de la Vème République fut davantage remis en cause pour des raisons politiques . L’idée des élections primaires, non sans bon sens démocratique, aura su prouver que la droite comme la gauche ne pouvait plus garantir une union autour d’un programme commun soutenu par l’ensemble d’un mouvement. L’impopularité du Président Hollande ainsi que la mise en oeuvre de deux gauches « irréconciliables », entre une ligne socialo-libérale menée par le gouvernement Valls de 2014 à 2017 et une ligne socialiste plus dure issue des frondeurs et leur chef de file Benoit Hamon, mena vers une division de la gauche, condamna le Parti socialiste de facto à une défaite dès le premier tour à l’élection présidentielle. Quand à la droite, déclarée favorite au début de la campagne, fut dévastée par la découverte de différentes affaires dans lesquelles le candidat élu au terme de la primaire François Fillon était concerné. Deux éléments ont donc marqués les partis historiques : les idéologies, de moins en moins en phase avec les citoyens, sont moins pris en compte dans les choix électoraux, et les acteurs politiques, le plus souvent ayant fait carrière au sein des partis ou institutions technocratiques, sont de moins en moins appréciés, en raison d’une part de leur longévité et de leur relative inéfficacité à la résolution des maux auxquels la France fut affecté ces dernières décennies aux yeux des électeurs mais aussi d’autre part, d’une crise de confiance, liés aux affaires et au manque de transparence de la vie politique française.  Une nouvelle donne fut donc mise en place, de façon opportune et implicite, au spectre d’une nouvelle tripolarisation de la vie politique française plus ou moins attendue : le développement de deux populismes issus des deux bords menés respectivement par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, et un centrisme se distançant des partis traditionnels avec comme leader un jeune ex-ministre de l’économie, Emmanuel Macron.
Le populisme de droite avec son parti historique, le Front National, menée par Marine Le Pen, obtiendra une popularité historique avec l’accès pour la deuxième fois de son histoire au second tour de l’élection présidentielle et une nombre de voix supérieur à celui de la droite traditionnelle lors du premier tour de l’élection présidentielle. Avec une Europe de plus en plus remise en cause et discutable dans ses pratiques institutionnelles et technocratiques, un vote massif pour le Front National aura parqué une partie de l’électorat français en perte de repère au sein de notre système républicain. De l’autre bord, Jean Luc Mélenchon a su recréer un nouvelle gauche radicale en créant en amont des échéances électorales « La France insoumise » où se retrouvèrent bon nombre d’électeurs de gauche remettant en cause les politiques de rigueur à niveau national et européen et la Vème République ainsi suivant encore une utopie keynésienne.
Ces deux mouvements, déjà présents il y a 5 ans, ont changés de statuts et sont passés de partis périphériques à des mouvements donnant le la des populismes, représentant à eux seuls presque un électeur sur deux et en particulier les classes populaires.
Un nouveau mouvement, mené par Emmanuel Macron, a fait son nid tout au long de cette année électorale avec le lancement d’ «En Marche» : avec une vision plutôt nouvelle de la gauche socialo-libérale, l’ex membre du gouvernement Valls a su construire au tour de lui un mouvement politique distants des partis politiques traditionnelles voulant renouveler les pratiques politiques. 

Ce dernier aura su remporter l’élection présidentielle et en rassemblant autour de la « République En Marche » une majorité parlementaire. Un an après sa création, Emmanuel Macron et ses marcheurs auront su se saisir les pouvoirs exécutifs et législatifs en France : néanmoins vis-t-on une révolution politique ? Vis-t-on un veritable renouvellement politique ? 


La véritable révolution a eu lieu le 23 avril : ni le parti socialiste et les républicains se retrouvent au second tour de l’élection présidentielle. Un candidat membre d’un parti n’ayant jamais été aux commandes du pays sera chef de l’exécutif. Emmanuel Macron ou Marine Le Pen. Les Français ont choisit Emmanuel Macron deux semaines plus tard. Une page d’histoire s’écrit : un homme âgé de 39 ans devient Président de la République.
Un renouvellement s’affirme peu de temps plus tard : les élections législatives positionnent La République En Marche comme parti majoritaire au sein de l’Assemblée Nationale et relèguent les partis traditionnels en minorité. Le PS et les Républicains traversent, suite au « putsch démocratique » commis par La République En Marche, des crises internes. Le PS, perdant près de 90% de sa masse parlementaire, doit faire face à des divisions internes liés à la création de nouveaux mouvements sociaux-démocrates, comme Dès Demain ou le Mouvement du 1er juillet. 
Les Républicains doivent faire face suite à leur positionnement comme parti d’opposition pour la deuxième fois d’affilé à une scission interne : entre ceux qui veulent être constructifs vis-à vis de la politique du gouvernement Philippe et ceux qui sont farouchement opposés à cette dernière, le parti est désormais pratiquement au bord de l’implosion. 

L’opposition ne dépend donc plus des partis. La seul mouvance farouchement opposée inscrite à l’Assemblée Nationale est La France Insoumise, prête à s’opposer d’un point de vue politique  d’une façon violente, ayant 17 députés au sein de l’hémicycle. On pourra y regretter le manque d’opposition, ce qui aura des conséquences sur le débat public à l’intérieur et à l’extérieur de l’hémicycle.  La relégation de l’opposition en dehors des institutions devrait remettre en question le statut de l’opposition en France, à présent indépendante des partis politiques et désormais focalisées sur une restructuration de mouvements politiques, pour la plupart vieillisants et éloigné des préoccupations des Français.

Le renouvellement présidentiel et législatif aura su remettre en question la vie politique français : à droite comme à gauche, différents mouvements politiques se forment dans le but de dépasser les intérêts partisans et vouloir réfléchir à de nouvelles thématiques et de lancer un renouveau partisan en fixant de nouvelles orientations. Cette nouvelle donne est pleine d’espoir pour la démocratie : plus l’on recherchera de nouvelles idées ou l’on développera de nouvelles orientations progressistes, au mieux se portera notre démocratie. Il faut au plus vite rétablir un lien de confiance entre l’électeur et le paysage politique, et cela passe en premier lieu par un rapprochement entre l’offre politique et les électeurs éloignés des idéologies. Davantage d’offre permettrait ainsi d’enterrer « le vieux monde » politique et de mettre en lumière un progressisme multilatéral, à l’instar de la campagne d’En Marche, qui a concentré un grand nombre d’électeurs autour de valeurs centristes et proeuropéennes. N’ayant pas pu plaire à tous, un progressisme formé sur tout les bords permettrait de donner un sacré coup de jeune à la vie politique et de faire croitre l’intérêt de la population vis-à-vis de la vie politique. Cette crise de confiance pourrait ainsi être résolue et un nouveau vent serait donc donnée à la vie politique française. 

Néanmoins, change-t-on réellement de monde politique ? 
Les changements à l’Elysée et à l’Assemblée nationale présentent une restructation des pratiques institutionnels françaises. Un Homme âgé de 38  ans issu d’un parti créé un an avant l’élection est élu Président de la République. Cela modifie les pratiques des partis traditionnels où un cursus honorum long et très exigeant fut demandé aux candidats présentés à l’élection présidentielle. 
Une assemblée élue avec en majorité avec un nouveau parti modifie la configuration parlementaire habituelle : les partis traditionnels rélégués sur les bancs de l’opposition et divisée, et une montée des populismes au sein de l’hémicycle ainsi que dans le débat public. 
Par contre, il faut prendre en compte que les pratiques présidentielles et parlemantaires sont ni nouvelles, ni inédites : la Vème République demeure toujours, et la continuité des différentes institutions permettent de garder une certaine stabilité démocratique, tout en gardant un lien européen fort, certainement en pleine mutation.