Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Parlons Politique !

Parlons Politique !

Menu
Une primaire à gauche : le PS au bord du gouffre

Une primaire à gauche : le PS au bord du gouffre

Une primaire à gauche : le PS au bord du gouffre

Aujourd’hui dans l’impasse, le Parti Socialiste souhaite organiser un primaire pour savoir qui sera la tête d’affiche à la prochaine échéance. Déchiré en plusieurs mouvements, on ne sait plus trop où en la gauche actuellement. Avec François Hollande au plus bas dans les sondages, la gauche s’assure une défaite si le Président sortant se représente. D’autres personnalités de la gauche rejoignent cette course en vue de représenter ce parti en perte de repères. Voulant voler la vedette à Hollande, différents « frondeurs » s’annoncent déjà comme fervent adversaire du Président sortant : Arnaud Montebourg, Benoit Hamon ou Gérard Filoche sont entres autres déjà rentrés en campagne. Malgré l’organisation de cette primaire, différentes personnalités de gauche ou de centre-gauche vont ou ont présentés leur candidature en cavalier seul : c’est notamment le cas de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron ou d’Emmanuelle Cosse.

Pourquoi est-il indispensable pour la gauche de rassembler à travers l’unité et non de diviser pour rassembler ?

A l’heure actuelle, la gauche est dans l’impossibilité de se rassembler. Le « peuple de gauche » est aujourd’hui dans une situation délicate : soit il est réaliste, et vote pour Hollande ou Macron, malgré que les valeurs de la «gauche d’antan » ne soient pas forcément respectées. Soit il est fidèle à ces valeurs et demeure déçu du dernier quinquennat, et part voter pour Mélenchon au sein de la primaire de gauche ou bien pour Mélenchon en pensant pouvoir remédier aux problèmes économiques de « façon socialiste ». Hollande, seul sur son navire, ne rassemble plus que dans des salons parisiens, dans lesquels il peut se permettre de critiquer des adversaires de tous les bords d’une façon délicate. Respecte-t-il vraiment les valeurs du PS en acheminant ses déclarations par ce biais la ? D’autre part, Montebourg essaye de se réincarner en homme du peuple en s’inscrivant dans une logique populiste, pouvant toucher éventuellement quelques bobos soucieux des inégalités renforcés lors du dernier quinquennat : Un passage par le redressement productif l’aidera t-il a séduire et reconquérir le monde ouvrier à gauche ?

Malheureusement cette primaire a pas lieu d’être au mauvais moment. Dans le contexte d’une France qui se droitise, la bataille est certainement perdue d’avance pour nos chers amis socialistes : la percée du FN lors des 5 dernières années n’a fait qu’empirer les choses, en emportant avec elle une grande part de déçu de la gauche ( PS et PC mort) vers le populisme nationaliste de Marine Le Pen.

De plus nous avons pris la fâcheuse habitude de vouloir l’alternance gauche/droite : il y a cinq ans, la gauche se divisa d’une façon plus ou moins pacifique pour atteindre la victoire finale en mai 2012.

A l’inverse, la droite se rassembla de façon unanime derrière Nicolas Sarkozy, le président sortant. Aujourd’hui tout deux veulent organiser une primaire : seul la droite a pour objectif réaliste de battre Le Pen au second tour et médiatise cette dernière de façon indirecte depuis la défaite de 2012. La gauche ne peut aujourd’hui s’imposer comme objectif d’éviter un nouveau 21 avril, et donc a pour seul soucis de rassembler de façon plus ou moins unanime pour ne pas prendre une déculottée d’ici quelques mois.

Mais pourront-ils y parvenir avec la remise en cause des valeurs de gauche : certains mouvements de gauche veulent mettre à plat ce système en étant à l’encontre de la politique de François Hollande : d’une part les mouvements à Nuit Debout ont engendrés au premier semestre une remise en cause de la politique de l’exécutif par le « peuple de gauche » notamment sur la fameuse Loi Travail. D’autre part, Macron, après sa démission du gouvernement, note avoir « touché les limites du système », évoquant donc une remise de valeurs des partis/ appareils traditionnels, entretenu en grande partie par les hauts-gradés du PS.

Ceci nous explique donc que le PS est en processus de suicide collectif, et pourra longtemps s’en mordre les doigts. Que Mitterrand se retourne dans sa tombe ! Ce dernier qui avait tant travaillé sur l’unité au sein du parti et de l’affaiblissement politique des adversaires internes, Hollande rentre dans un piège qui l’entraine donc dans une défaite lourde et malicieuse. Décrédibilisé au sein des électeurs, il l’est par conséquent aussi dans son parti : ce dernier lui manque de respect, notamment en ce qui concerne le respect de la fonction présidentielle et de devoir porter la (lourde) responsabilité de son mandat devant les électeurs. Les nombreuses divisions crées au sein de ce processus provoquent ne sont que nuit et brouillard contre le Président encore aujourd’hui en exercice, sachant qu’un déchirement sévère ne provoque jamais de bons résultats : la défaite déjà assurée auparavant ne peut donc que s’empirer.

Pour conclure, nous pouvons dire que la gauche n’a aujourd’hui ne peut pas retrouver sa place dans la vie politique française. Malheureusement, elle n’a pas les capacités d’agir seule aujourd’hui : une alliance plus vers la gauche ( Mélenchon) ou plus vers le centre ( Macron) devra avoir lieu pour que le parti garde sa dignité, et ce par le biais d’une candidature unique. Notre président mal-aimé a du soucis à se faire pour garder son poste, certes, mais doit-il se laisser faire par son propre parti dans la déroute ?