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Parlons Politique !

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Burkini : une question sociale tournée en question politique de grande ampleur ?

Burkini : une question sociale tournée en question politique de grande ampleur ?

Burkini : une question sociale tournée en question politique de grande ampleur ?

Au cœur du débat politique lors du traditionnel vide politique de l’été, la classe politique a 9 mois pour trouver des sujets sur lesquels elle pourra rassembler ou diviser la France pour influencer leurs électeurs. Le thème majeur de ces derniers jours est le port du burkini, enflammant la scène politico-médiatique de cette deuxième partie de mois d’aout.

Néanmoins, à travers de nombreux débats vide de sens et ridicule, cette question du port du burkini sur les plages de France nous a intéressé, liée de loin ou de près des nombreuses réflexions émises à la suite de la vague d’attentats en France et en Allemagne du mois de juillet 2016.

Comment une question sociale voire personnelle pour ceux qui se la posent à eux-mêmes, concernant théoriquement seuls les membres d’une religion bien précise belle et bien secondaire en France, a-t-elle pu se transformer en un débat politique ridicule et absurde ?

Tout d’abord, il est clair que nous sommes dans un contexte – social, politique, interreligieux, sécuritaire – bel et bien difficile, n’attendant seulement que l’huile arrive à propager le feu sur la cuisinière déjà pré-enclenchée.

C’est sûr, et regrettable, que les attentats de Nice ainsi que toutes les attaques à caractère terroristes, donnent une mauvaise image à la religion musulmane. D’ailleurs, les chiffres sont frappants : 42% des français se disent ouvertement islamophobe (et oui, le terme « phobie » signifie peur, et non pas le rejet, comme peuvent laisser entendre bon nombre de réflexions à ce sujet.). C’est un problème de grande ampleur, souvent sous-estimé pour notre très apprécié classe politique, en particulier par la majorité parlementaire. Comment peut-on avoir peur d’une religion, initialement basée sur la paix ? Néanmoins, de nombreux autoproclamés pseudo-interprétationnistes du Coran, se permettent de considérer cette religion comme motif de violence. Ces derniers, musulmans ou non, provoquent une instrumentalisation de l’islam, qu’elle soit au profit de ceux qui entrainent dans la délinquance ou de ceux qui engendrent des extrémismes, quels qu’ils soient.

La droite – qui a d’ailleurs choisi le moment opportun pour s’exprimer – montre dans ses ailes les plus conservatrices sa simple méfiance, qui peut rapidement se transformer en simple maladresse. A noter, celle du maire de Cannes, D.Lisnard, en voulant expliquer la raison du port du burkini et de son interdiction par décret sur les plages de sa commune : « une tenue de plage manifestant de manière ostentatoire une apparition religieuse alors (…) que les cibles terroristes sont cibles d’attaques terroriste ». Qu’on veuille m’expliquer le lien entre le fait de manifester sans discrétion ( bien qu’on soit dans un pays laïc théoriquement, la nation d’ostententatoire est discutable dans ce cas précis ) sa religion et le fait qu’il y ai des attaques terroristes commises par des personnes prenant parti au nom d’une foi duquel le culte rejette tout lien entre la foi et les actes commis. La question peut paraître naïve, mais quand on s’y planche d’une manière plus réfléchie, on sent l’opportunisme à pleine vue des Républicains. Contester est plausible, expliquer d’une manière réfléchie, en émettant pas d’amalgames visant à stigmatiser voir, selon certains points d’interprétation, à considérer les musulmans comme bouc-émissaire de la République. Ils ne sont pas d’ailleurs les seuls à le faire de cette manière, mais sont d’un point de vue originalité assez faiblard sur ce coup là.

Néanmoins, les causes invoquées par les maires LR interdisant le port du burkini sont plus que plausibles : la sécurité est aujourd’hui primordiale, dans un pays confronté de façon régulière au terrorisme.

Fatiha Daoudi, juriste marocaine et militante pour les droits humains dans son pays, explique aujourd’hui au Huffington Post son indignation face à la tolérance et la défense du port du burkini, en répondant notamment à Edwy Plenel, directeur de la publication du journal numérique Médiapart, qui considère dans ses termes que le burkini reste un vêtement comme les autres. Sa réponse, qui reste fondée sur son engagement féministe, éclaire beaucoup sur le port du burkini, venant d’un pays dans lequel la religion d’Etat est l’Islam : « De nos jours, nombreuses sont les femmes qui évitent de porter le maillot de bain à la plage de peur d’être agressés par les fans de la religion qui ne sont en fait que des obsédés du sexe(…) le burkini n’est pas un vêtement comme un autre (…) arriver à son but final : interdire l’espace public aux femmes »

Reste maintenant à savoir, si les femmes portant ce vêtement ont eu un bourrage de crâne de la part de personnes de sexe masculin, ou bien si elles ont fait un choix d’adopter ce vêtement à leur style vestimentaire de manière attentionée et désirée, pour des raisons de pudeurs. Malgré que mon penchant s’enfonce vers la première proposition, qui n’est qu’un présupposé en sachant que les principaux dirigeants du culte musulman en France sont de sexe masculin : d’ailleurs après avoir instauré un parité H/F dans de nombreuses institutions, pourquoi ne pas l’instaurer et l’imposer dans les cultes ?

Quant aux les heurs de Sisco, ils ont permis de faire face à deux communautés, qui dans le cas de certains individus plus ou moins hauts placés, réagissent au quart de tour à toute critique à leur sensibilité. Plus un rapport tribal face à l’extrémisme qu’une conclusion réfléchie et bien tirée.

Ce pseudo phénomène du burkini permet d’occuper la sphère politique d’ici le bon nombre de congrès de rentrée, visant à la mise en place d’un programme électoral.

Diverses opinions, pour la plupart sans aucun intêret et avec un opportunisme foudroyant, font ressentir la température du climat actuel de notre belle sphère politique.

Après avoir analysé précédemment le caractère oppportun des avis de nombreux élus LR, nous pouvons voir que deux principaux aspects rentrent en ligne de comptes pour cette affaire du « burkini » : la laïcité et le respect de nos valeurs.

Les deux surfent, malgré eux, sur ces termes en somme très vagues.

La laicite, en principe, pose la neutralité de l’Etat par rapport au cultes, et laisse à tout chacun de pratiquer sa religion tel qu’il le souhaite : porter un burkini, outre le choc culturel pour certains, dérengerai-t-il d’une façon religieuse la vie dans l’Etat français ?

De plus, l’agrégat de valeurs françaises est bel et bien complexe mais l’utilisation de ce terme peut se résumer grâce à une définition plutôt simpliste : la France a des valeurs judéo-chrétiennes, en vue de notre histoire et de la conception de la pratique religieuse sur notre territoire.

Sachant que la France est un pays très tolérant par rapport à d’autres en termes de pratiques religieuses et laïque, doit-elle interdire le port du burkini sur ces plages au motif d’une incompatibilité avec les valeurs judéo-chretiennes de la France ?

C’est un débat très complexe qui finalement, malgré son intérêt mineur, donne du fil à retordre à nos hommes politiques, divisant les partis ainsi que les intéréts de chacun pour une primaire ou tout simplement l’élection présidentielle.