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Parlons Politique !

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BREXIT : David Cameron a-t-il tué le Royaume-Uni ?

Moins de 24h après les résultats du référendum britannique à propos de son avenir au sein de l'Union Européenne, David Cameron, le premier ministre, annonce sa démission. C'est pourtant lui, qui avait comme principale promesse et argument de campagne pour se faire réélire en 2015, d'organiser un référendum sur l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne. A l'époque, on se souvient qu'il prenait officiellement parti pour une sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Mais ça, c'est de l'histoire ancienne. Ce que n'avait pas calculé, lors de se promesse pas très "politiquement correcte" mais surtout "politicienne", c'est qu'entre cette promesse de campagne et le référendum, il pouvait se passer des choses. On note qu'en février 2016, le premier ministre britannique retourne sa veste : après avoir négocié sur un potentiel changement des statuts, on remarque que le premier ministre conservateur change de camp.

Malgré ce revirement politique, les "leavers" remportent ce scrutin à près de 52% des voix, provoquant une démission de David Cameron, à l'instar de ce qu'il a déclaré il y a quelques jours au Time Magasine "Je ne suis pas un lâcheur (...) J'accepterai la décision du peuple" a-t-il déclaré.

Soudainement, David Cameron ne se sentirai-t-il pas coupable ?

Le Royaume-Uni sera touchée, de plein fouet, par des conséquences économiques qu'aucun chef de majorité ne souhaiterai avoir dans son bilan. Le PIB britannique serait donc en forte baisse à court terme dans cette conjoncture. Une étude de la puissante confédération de l'industrie britannique annonce un perte économique d'entre 2 et 5% du PIB pour les prochaines années . Au contraire, elle annoncerait un augmentation du PIB de 5% d'ici avec l'Union Européenne. A ce sujet, l'agence de notation Standard and Poor's déclare que la sortie de l'Union pour la Grande-Bretagne serait "un risque pour les perspectives de croissance du pays"

Un rapport, écrit par le Trésor Britannique, appelé Brexit ( 2016-2017), déclare les conséquences immédiate de cette sortie : le PIB serait en récession de 3.6% sur le deux prochaines années à venir, 500 000 emplois seraient perdus, la livre sterling perdrait 12% de sa valeur , les prix immobiliers augmenteraient de 10% et les salaires réels moyens baisserait de 3%". De quoi ravir le porte-monnaie des britanniques. Après tout, que demande le peuple....

La facture serait de £100 milliards. Salée, non ?

D'autre part, le Brexit a des conséquences sur les relations internationales entre l'hypothétiquement autarcique Grande-Bretagne et le reste de l'Europe. Ils ont beaucoup à perdre en quittant cette Union Européenne. Les grands partenaires économiques du Royaume-Uni non-européens, c'est à dire les Etats-Unis et le Japon, ont déclarés en amont de ce référendum que l’intérêt de la Grande-Bretagne était que de rester dans cette union.En voulant ( autrement dit : en devant ) commercialiser avec l'Union Européenne, la GB devra respecter les règles établies à Bruxelles, auxquelles elle ne pourra plus donner son avis. A moins qu'il ne veuillent plus commercialiser avec l'UE, ce qui signifierait que les jours de vie restant de la GB sont comptés.

Un autre point est la mort du Royaume-Uni tel qu'on le connait aujourd'hui. D'après les scores annoncés, l'Irlande, l'Ecosse et le Gibraltar souhaitent rester dans l'UE. Le problème de l' indépendance de l'Ecosse,même si le régionalisme parait d'un autre siècle dans les temps qui courent, serait pour le peuple écossais, la solution la plus juste pour eux après ce résultat. Néanmoins, l'Ecosse serait exclue dans un premier temps de l'UE comme le reste du Royaume, avant d'obtenir une potentielle indépendance et de pouvoir renouer des négociations avec l'Union pour une réintégration après référendum. On le sait, ce processus peut durer des années, voir des décennies. En ce qui concerne l'Irlande, on voit que la question de l'indépendance est discutée, mais contestée par beaucoup souhaitant à tout prix rester associé avec l'Angleterre, en ce qui concerne par exemple l'import/export important avec ce dernier. A titre anecdotique, le Gibraltar pourrait obtenir un régime de souveraineté partagée avec l'Espagne ou bien être placé sous total contrôle de ces derniers, cela reste à voir.

La Grande Bretagne restera donc un Royaume, mais ne demeurera pas uni.

Après avoir mis à mal la Grande Bretagne, David Cameron ne peut être fier d'avoir provoquer une division du pays en 2 camps qui se sont menés d'affront ces dernières semaines : le climat a mené, quelques jours avant le scrutin , à la mort d'une député britannique, Jo Cox, en faveur du maintien de la Grande Bretagne dans l'UE. A sa mémoire, nous devons retenir cette citation suivante : "Nous avons plus en commun que ce qui nous sépare", à propos des relations entre l'UE et le Royaume-Uni.

Le premier ministre britannique a donc du sang sur les mains.

Il est fort dommage de se dire que cette campagne pro-Brexit aie été menée avec comme cheval de Troie la peur et l’égoïsme . Les progrès réalisés depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale en terme d'ouverture, de tolérance et d'interconnexion par l'Europe ne sont malheureusement pas dans tout les esprits.

Le résultat du référendum irréversible ne pourra que mettre de l'huile sur le feu....

"En politique, il ne s'agit pas de nuancer mais d'opposer sa démagogie à un autre dans l'espoir que de ce choc jaillissent quelques étincelles." Sigrid Combüchen.