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Parlons Politique !

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2016 : l'année du renouveau ou de la continuité politique ?

Dans un sondage paru samedi 2 janvier dans Aujourd'hui en France-Le Parisien, 88% des français déplorent le manque de renouvellement politique en France. 16 mois avant la prochaine élection présidentielle, certaines candidatures commencent à s'exprimer. Certains sont depuis peu sur les devants de la scène, et d'autres sont des habitués des élections présidentielles.

L'année 2016 sera est-celle du renouveau après les élections régionales de 2015 et les vagues d'attentats en janvier et en novembre ?

Serons-nous témoins d'un remake politique si aucun renouveau politique débarque d'ici 2017 ?

Désormais, le système politique français est à bout de souffle. Les partis traditionnels - le PS et les Républicains - sont en perte de vitesse et ne font que simplement se renvoyer la balle en se critiquant en permanence. Ils intéressent de moins en moins les électeurs, qui se tournent de plus en plus vers les partis populistes, comme le FN par exemple. Mais est-il pour autant un renouvellement de la vie politique ?

Le FN se résume par un programme fondée sur la démagogie et sur la peur. Ce n'est fondamentalement pas un renouvellement, car il n'apporte rien sur la scène politique, en se voulant anti-système en prenant ses électeurs pour des chèvres.

Le candidat potentiel du FN est Marine Le Pen : elle ne représente qu'à son insu l'héritage de son père. L'appartenance au passé est encore fort, et se distingue par la présence d’éléments réactionnaires dans son programme ( par exemple, le retour à la peine de mort ou rétablir le franc) .

Si un renouveau dois arriver en politique, il se doit d'être dans une certaine continuité tout en amenant un vent nouveau sur la vie politique. L'exemple typique du renouveau politique est Emmanuel Macron, ministre de l'économie, âgé de 38 ans. Membre du gouvernement Valls et au côté de François Hollande depuis 2011, il a travaillé précédemment dans des banques d'affaires et n'est pas encarté au parti socialiste. D'ailleurs, il n'est de temps en temps pas d'accord avec des décisions de la gauche, et peut-etre qualifié de social-libéral ou social-démocrate. Il éprouve la contestation au sein de son propre parti. Mais au fond, il représente le futur de la gauche, davantage libéral et démocrate. La gauche telle qu'elle est aujourd'hui n'est plus durable, les résultats aux élections depuis 2012 voient juste : la gauche ancienne génération aura fait son temps, et ne peut rester comme tel, afin de ne pas perdre davantage d'électeurs. Refusant tout autre mandat ( député, maire...) il incarne ce que souhaitent les citoyens des politiques : des hommes engagés à 100% dans un rôle, en ne pratiquant pas seulement une politique dite "politicienne".

On trouve également du renouveau politique à droite. Ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy,Bruno Le Maire siffle un vent nouveau chez les Républicains. A 46 ans, il est un modèle de la réussite " à la française" en étant diplomé de Sciences Po, énarque et normalien. Haut fonctionnaire, il fréquente le Quay d'Orsay depuis sa sortie de l'ENA et ses qualités de diplomates lui permettent de s'ouvrir plus facilement sur le monde. Cependant, toujours distancé par Nicolas Sarkozy et Alain Juppé au sein des Républicains, il devra attendre que les deux fasse leur temps ou perdre des élections, afin d'incarner une future droite,nouvelle tout en gardant ses valeurs .

2016 serait une année cruciale pour les Républicains : les adhérant voteront pour leur candidat à l'élection présidentielle au mois de novembre dans le cadre d'une primaire interne. Deux hommes forts de la droite sont favoris : Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Le premier se distingue par son comportement calme et davantage mature, ayant appris de ses erreurs. Le second, ancien président de la République, se distingue pour avoir eu plus de mal à se maitriser par ses mots et ses gestes. Il se présente aussi sous un esprit davantage revanchard, suite à sa défaite en 2012 contre François Hollande.

La droite se tranchera donc cette année pour son avenir. Dommage que seul des sextagénaires, pas forcément dans le progrès, se présentent chez les Républicains afin de contrer la (future) candidature de président sortant.

Cette primaire sera à double tranchant pour eux : d'un coté la droite retrouvera un leader, pouvant ramener la droite vers les portes du pouvoir. De l'autre elle pourra devenir de moins en moins crédible en s'écharpant les uns les autres en interne avant de vouloir l'union durant la campagne présidentielle.

A la suite de cette primaire, un remake de l'élection présidentielle de 2012 est un scénario possible. Mais 88% des français expriment dans un sondage paru le 2 janvier leur désaccord à un nouveau duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Doit-on arriver au bout de cinq ans à la même confrontation ? Cela signifierai que rien a évolué.

2016 sera également le temps de grandes réformes annoncé par François Hollande lors de ses voeux aux français. "Le changement c'est maintenant" pourrait-on dire ?

Il est bien convenu pour un président, mais surtout futur candidat à une élection présidentielle , de faire le plus gros morceau de son mandat dans les 18 derniers mois.

Certaines reformes sont attendus, mais l’exécutif profitera de la division de la droite pour faire avancer notre pays. En attendant il faut qu'il trouve la sienne et qu'elle soit unie. Deux scénaris s'offrent à lui : soit sa majorité le soutien à l'unisson et la politique peut aller de l'avant , soit la majorité ne le soutien pas et François Hollande part à reculons, que ce soit pour sa campagne présidentielle que pour sa politique.

Que ce soit pour la gauche, la droite ou l'extrême-droite, l'année 2016 sera riche et sera un échauffement avant 2017. Quoiqu'on dise, le renouvellement politique se fera juste si les hommes politiques acceptent de moins utiliser la démagogie comme facteur de séduction.

Pour l'instant, 2016 à l'air d'être comme avant en ce qui concerne la mentalité politique, ces derniers refuseraient donc de se mouiller en ne voyant pas la vérité en face.