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Parlons Politique !

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Peut-on être de gauche et vouloir l'unité nationale ?

En annonçant que les terroristes binationaux nés en France seront déchus de leur nationalité française, le Président Hollande enflamma la sphère politique lors des fêtes de fin d'année 2015.

Peut-on, un an et demi avant les présidentielles, croire à un premier gros coup de communication de François Hollande, vraisemblablement futur candidat pour le Parti Socialiste ?

Aujourd'hui, le Président de la République donne la priorité à des mesures - certes éloignés des valeurs de son parti d'origine- populaire.

Ne serait-ce pas une politique de reconquête électorale ? Souhaiter mettre en oeuvre des idées de droite seraient une bonne idée pour un gouvernement de gauche ?

Les scores importants du FN auraient eu une influence sur le comportement de l’exécutif, en tentant de récupérer les voix partis dans les sillons de Mme Le Pen, en voulant calmer un mal par un bien. Battu par le FN en terme de voix au deux tours de l'élection régionales, le PS doit changer sa stratégie pour que 2017 ne soit pas un remake du 21 avril 2002. Ce dernier doit absolument éviter tout départ d'électeur vers le Front National, afin que le navire ne coule pas.

Certes, mais une tactique politique comme telle est assurée de diviser la gauche, désormais fragile. C'est ce qu'on peut lui critiquer depuis le début du quinquennat, en enchaînant les couacs gouvernementaux ou la pratique de la "fronde" en décrédibilisant la voix du PS. Sans surprise, le PS se déchire à propos de cette question, au nom des valeurs traditionnelles de la gauche. Mais dans les temps dans lesquels on vit, doit on renoncer à toute mesure - symbolique ou non - contre le terrorisme au profit de ses valeurs, qui ne peuvent être applicables aujourd'hui ?

Certains élus de la majorité critiquent cette mesure en évoquant la cristallisation du droit du sol et l'existence de la déchéance de la nationalité française. Certes, cette dernière a un lourd tribu à porter derrière elle, notamment lors du Régime de Vichy, où elle fut utilisée à des fins politiques. Aujourd'hui, en 2016, comment peut-on comparer la (future) pratique de cette mesure à son utilisation lors du Régime de Vichy ?

Laisser la nationalité française à des terroristes ayant comme unique but de détruire leur patrie serait de prouver que le France est pas capable de tenir son pays en place. Prouver que la France est debout et unie contre eux serait de leur faire comprendre que la patrie française ne souhaite pas d'eux dans la société.

En aucun cas, ça ne remettrait pas en cause le droit du sol dans son ensemble. On voit que le PS se prend la tête dès que l'on joue sur les mots. Seul les terroristes binationaux punis par la justice perdront la nationalité française. Ce n'est pas compliqué à comprendre, pourtant certains ont du mal à comprendre la symbolique de cette mesure, en rétorquant le fait que la mesure serait d’extrême-droite et digne de la politique hostile de Marine Le Pen par rapport aux étrangers.

La gauche est en train de se tirer une balle dans le pied, au plus grand dam de l’exécutif.

Beaucoup se demande si le Président incarne la gauche, mais doit-elle d'abord s'incarner soi-même avant de vouloir incarner ses valeurs ?

Près de six semaines après les attentats, incarner l'unité nationale, comme voulu par le Président Hollande, sera difficile pour l'ensemble des partis, mais en particulier pour le Parti Socialiste.

Etre à gauche et vouloir l'unité de son pays ne va pas ensemble pour une partie de ses cadres : dommage, le coup de poker de François Hollande aura été un échec dans l'opinion publique, à son insu.